C'est un long silence, inhabituel et peut-être inquiétant. Depuis dimanche et quelques interviews protocolaires où il aura fait preuve d'une dignité à la hauteur du champion qu'il est, Lewis Hamilton n'a plus dit un mot. Ces derniers jours, sa dernière apparition publique, mercredi au château de Windsor, où il a officiellement été fait chevalier par le Prince Charles, fut aussi la seule.
Jeudi soir, il s'est plutôt fait remarquer par son absence du gala de remise des prix de la FIA, où il était convié en tant que vice-champion du monde, après une décision prise conjointement avec Mercedes - qui avait tout de même envoyé son directeur général James Allison, ainsi que Valtteri Bottas, récupérer les prix.
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Hamilton a donc choisi de se mettre en retrait, sans que l'on sache vraiment combien de temps cela durera. Très actif sur les réseaux sociaux, le Britannique y a également laissé place au vide depuis la dernière qualification de la saison, samedi dernier. Il faudrait avoir l'esprit sacrément tordu pour y voir une opération de com', plutôt qu'un témoin de la violence du coup que le septuple champion du monde a pris sur le casque dans le dernier tour du Grand Prix d'Abu Dhabi.

Hamilton est redevenu humain

Sa peine est à dissocier, en tout point, du barouf médiatique causé par Mercedes et son patron, Toto Wolff. Cette quête d'une huitième couronne, qui aurait fait de lui le seul leader de toutes les grandes lignes statistiques de son sport, revêtait une importance toute particulière pour lui. La teneur de cette saison, magnifique et dramatique, ne l'avait évidemment pas atténuée.
C'est ainsi que "King Lewis" est redevenu humain. Le message plein de détresse adressé à son ingénieur Peter Bonnington juste après avoir été dépassé par Max Verstappen - "Tout cela est manipulé" -, les très longues minutes qu'il a passées sans dire un mot dans son cockpit après l'arrivée, l'accolade réconfortante de son père, Anthony, ont démontré qu'il pouvait aussi être vulnérable. Ce que la manière avec laquelle il a dominé la discipline ces dernières années avait fini par faire oublier.

"Le directeur de course Michael Masi a envoyé Hamilton à l'abattoir"

Dans ce contexte, Toto Wolff a donné de l'épaisseur à l'éventualité d'une retraite anticipée. "Nous ne pourrons jamais surmonter la douleur et la détresse qui ont été causées dimanche, a insisté le dirigeant jeudi. J'espère vraiment qu'il continuera à courir parce qu'il est le plus grand pilote de tous les temps." Difficile d'y déceler le réel degré d'inquiétude de l'Autrichien, fin communicant et engagé dans une vraie guerre des mots avec la FIA et l'un de ses représentants, Michael Masi.

Un contrat jusqu'en 2023

D'autant que cette année, au contraire de la précédente, Mercedes s'était prémunie en trouvant un accord contractuel avec son pilote dès le début de l'été, afin d'étendre leur collaboration pour deux saisons supplémentaires. L'écurie allemande avait capitalisé sur les projets extra-sportifs lancés conjointement, mais aussi sur des défis de la piste qui pourraient donner une autre dimension au Britannique : la nouvelle réglementation technique de 2022, sa rivalité avec Max Verstappen mais aussi l'arrivée de George Russell dans le box voisin.
La nature de Lewis Hamilton, qui avait failli le pousser à partir avec la couronne la saison dernière, pourrait encore le pousser à ne pas quitter la F1 en vaincu cet hiver : "Je pense qu'en tant que pilote, son cœur dira 'je dois continuer' parce qu'il est au sommet de son art, a souligné Wolff. Mais il faudra surmonter la douleur qui lui a été causée dimanche. Parce que c'est un homme avec des valeurs claires."

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