S’ils sont, d’ici-là, autorisés à revenir à la Brest Arena, les fans du Brest Bretagne Handball parviendront-ils à reconnaître leur équipe en septembre pour le début de la prochaine saison ? Depuis plusieurs semaines, le BBH s’apprête en effet à tourner une page de son histoire, cet été, avec le départ, en premier lieu, de l’historique Laurent Bezeau. L’entraîneur, à la tête de l’équipe depuis 2013 après avoir entraîné Arvor 29 de 2009 à 2012, a tout connu avec le club du Finistère depuis bientôt 8 ans, menant l’irrésistible ascension du club, de la Nationale 3 jusqu’à la Ligue des champions ces dernières années.

"Il fallait repartir sur quelque chose de nouveau"
Ligue des champions
Un match haletant, une égalisation à la dernière seconde : Brest a fait le show à Györ
23/01/2021 À 18:42

Une décision prise par les présidents de Brest, Gérard et Denis Le Saint, tandis que le technicien, lui, se voyait bien prolonger son bail à la tête de l’actuel deuxième du championnat de France, récent vainqueur de Metz . Même s'il pourrait rebondir à un autre poste au sein du club. "[Les présidents] ont trouvé que Laurent avait fait un super boulot ici, mais préféraient s’arrêter quand on est au sommet. Il fallait quelque chose de nouveau, de neuf", explique Jean-Luc Le Gall, coordinateur sportif du club breton depuis 2017 et donc en plein cœur des dossiers transferts qui animent le club ces dernières semaines.

Un combat acharné et une défaite qui fait mal : le résumé de CSKA Moscou - Brest

Car Bezeau, qui s’apprête à défier ce samedi (18h), en Hongrie, Györ lors d’un duel au sommet face aux triples championnes d’Europe en titre, n’est pas le seul à livrer ses dernières joutes européennes avec Best Bretagne Handball. Isabelle Gullden, la demi-centre de 31 ans, et Ana Gros, considérée par beaucoup comme ce qui se fait de mieux au poste d’arrière droite. Meilleure buteuse en Ligue des champions cette saison (77 buts), avec une performance stratosphérique il y a quelques mois face à Odense, la Slovène, arrivée comme Gullden en 2018, a choisi de prendre, dès cet été, la direction de Moscou, pour rejoindre le CSKA : "Je voulais d’autres challenges : vivre dans un autre pays, apprendre une autre langue, et surtout vivre dans une très grande ville. Moscou, c’est quelque chose…", confiait-elle à Handzone cette semaine.

Un budget amputé de 500 000 euros la saison prochaine

Des départs subis aussi, en partie, en raison de la pandémie de Covid-19 et des pertes économiques qui ont obligé les présidents à repenser leur stratégie, notamment concernant ces deux joueuses, considérées comme les deux plus gros salaires du club. "La situation économique a pesé, avoue ainsi Jean Luc Le Gall. Le président (Gérard Le Saint) a été très clair, il avait dit en novembre qu’il y aurait une baisse significative de la masse salariale". A nos confrères de Ouest France, le dirigeant avait en effet annoncé une perte de 500 000 euros de budget (évalué à 6,5 millions d’euros cette saison) pour le BBH lors de la saison à venir.

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Mais le club, dont "les objectifs resteront inchangés l’an prochain" dixit le coordinateur sportif, ne compte pas s’affaiblir pour autant. En relation constante avec Pablo Morel, le successeur de Laurent Bezeau désigné dès mi-décembre, Jean-Luc Le Gall, qui explique que, toujours en raison de la réduction du budget, "le nombre de joueuses que [Brest] aur[a] dans l’effectif professionnel sera lui aussi en diminution (la saison prochaine)", a ainsi commencé à dessiner les contours de ce nouveau cycle : "On veut conserver la majorité de nos joueuses, cette ossature, car on est très contents de la manière dont l’équipe fonctionne aujourd’hui. Mais l’idée générale, la volonté des présidents, c’était de dire qu’ils ne changeaient pas seulement l’entraîneur, mais également de projet. On a pris un nouvel entraîneur, jeune, des joueuses majoritairement jeunes, qui, dans l’idée, peuvent progresser et ont une vraie soif de progrès".

Tout sera différent l'année prochaine

C’est dans cette logique que la demi-centre norvégienne Helene Fauske, 23 ans, a signé mi-janvier. La seule arrivée jusqu'ici annoncée par le club, qui espère aussi trouver une remplaçante à Gros. Pour l’instant, le nom de l’internationale tricolore Océane Sercien-Ugolin, 23 ans également et auteure d’un bon Euro avec les Bleues en décembre, a été évoqué : "Toutes les bonnes joueuses arrière droite gauchères qui ont une capacité à remplacer, au moins numériquement, Ana Gros, nous intéressent, botte en touche Le Gall. Océane a montré de fortes capacités, on la suit, mais il y a d’autres joueuses, des Françaises, des étrangères… Pour le moment ce n’est pas un dossier qui est ficelé", assure le coordinateur sportif brestois.

Qui, après la prolongation d’Alicia Toublanc à l’aile droite, a finalisé cette semaine la prolongation, pour deux saisons de plus, de la capitaine Coralie Lassource, l’ailière gauche internationale française. Alors que, dans le dossier de la prolongation de Kalidiatou Niakaté, une autre internationale tricolore, Le Gall reconnaît également "être en bonne voie", c’est surtout un autre secteur qui l’accapare en ce moment. Comme évoqué par L’Equipe fin décembre, le futur d’une autre historique du club, la gardienne Cléopatre Darleux, championne de France 2012 avec Arvor 29, revenue à Brest en 2016, pourrait s’écrire loin de la Bretagne.

Si la concurrence avec Sandra Toft, la Danoise qui rayonne depuis le début de saison, n’est pas en cause, c’est encore une fois le resserrement de la masse salariale qui est évoqué par Le Gall : "On avait communiqué sur le fait que la situation économique ne nous permettait pas d’avoir deux gardiennes de niveau international accompli. Mais pour autant, le dossier n’est pas bouclé", nuance l’ancien entraîneur de Selestat, Créteil ou Toulon. De quoi espérer voir Darleux prolonger ? Alors qu’Agathe Quiniou, la troisième gardienne du club, sera, elle aussi, en fin de contrat fin juin, le BBH prendra une décision prochainement : "Ça devrait se décanter dans les 15 jours qui viennent", annonce Le Gall.

On a envie d'être récompensés des efforts que tout le groupe fait depuis 2 ans

C’est dans cette atmosphère de fin de cycle que les Brestoises abordent donc leur rendez-vous face au tout-puissant Györ, après le nul réalisé à Brest fin septembre (25-25). De quoi déstabiliser les joueuses face à l’ogre hongrois ? "Forcément, en tant que personne, quand tu es incertaine sur ton avenir, que tu te poses des questions, ce n’est pas simple", expose Pauline Coatanea, pour l’instant épargnée par ces discussions contractuelles puisque liée au club breton jusqu’en 2022.

"C’est la même situation dans tous les clubs, dans une saison il y a toujours des moments de flottements comme cela où ce n’est pas simple à gérer. Il n’y a pas, comme au foot, de période particulière, avec un mercato où on sait quand ça commence et quand ça finit. Mais je trouve qu’on a gardé une bonne entente entre nous. Il y a quelques matches au mois de janvier qui ont été difficiles, je pense aussi que c’est dû à un contre-coup de l’Euro, une fatigue générale", analyse l’ailière en faisant référence, notamment, à la défaite face au CSKA Moscou (25-24) il y a deux semaines ainsi qu’au nul concédé contre Buducnost dimanche dernier (28-28), au terme de prestations irrégulières. Et qui ont presque enterré les espoirs bretons de finir à la 2e place du groupe B, directement qualificative pour les quarts de finale.

Après un final haletant, Brest arrache le nul contre Buducnost

"Des joueuses comme Ana (Gros) et Bella (Gullden) ont permis de montrer Brest au niveau européen, maintenant il faut profiter de cette visibilité pour amener des joueuses en devenir pour voir plus loin sur les prochaines saisons. Tout sera différent l’année prochaine, on va faire un pas en arrière pour repartir encore plus loin, je pense. C’est une bonne chose pour l’avenir", poursuit la Française, elle aussi vice-championne d’Europe. Qui ne cache pas son envie de voir son équipe, coupée en plein élan la saison dernière en raison de l’arrêt des compétitions dû à la pandémie de Covid-19, enfin décrocher un titre de champion de France et, pourquoi pas, une première participation au Final Four de la C1 : "On a envie, avec ce groupe, d’être récompensés des efforts qu’on a faits toutes ensembles depuis 2 saisons", cela promettrait un sacré pot de départ.

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