Cinq semaines se sont écoulées. Mais elles n'ont pas permis de comprendre. On a eu beau tourner le problème dans tous les sens, difficile de trouver une justification à la pénalité que devra purger Fabio Quartararo à Silverstone, dimanche, après avoir été sanctionné pour une manœuvre trop agressive à Assen avant la trêve estivale. Les pilotes, eux, n'ont pas compris non plus. Même les rivaux directs du Français, Aleix Espargaro et Francesco Bagnaia, ont manifesté leur désaccord, jeudi, lors de la traditionnelle conférence de presse.
Mais ce qui est fait est fait et pour le Français, ces cinq semaines lui ont permis de digérer. À chaud, il avait confié réfléchir à ne plus tenter de tels dépassements. "Quand il dit ça, je pense que ce n'est pas vrai, a souri son dauphin au Championnat, Aleix Espargaro. Il doublera beaucoup." Le Niçois espère désormais que son cas ne constituera pas un précédent, alors que d'autres manœuvres bien plus dangereuses en début de saison n'avaient pas été sanctionnées. "Ils [les commissaires] doivent trouver un équilibre, a souligné le champion tricolore. C'est la chose la plus importante pour ne pas rendre notre sport ennuyeux."
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Vendredi, lors des deux premières séances d'essais, "El Diablo" ne s'est pas ennuyé. S'il avait assuré, la veille, ne pas trop penser à sa pénalité, il a tout de même consacré une bonne partie de sa journée à étudier la problématique. Dimanche, en course, il devra purger un "long lap", c'est-à-dire emprunter une portion plus longue du circuit durant l'un des trois tours suivant le panneautage. Alors, pour ne rien laisser au hasard, le Français s'y est rendu à plusieurs reprises.

Quartararo dans l'angle mort

Objectif ? Travailler sa trajectoire et ses repères, afin de limiter la perte d'un temps précieux. Durant les premiers tours de course, le peloton sera encore groupé et laisser deux secondes en chemin peut donc faire perdre de nombreuses positions, qu'il sera difficile de récupérer sur un tel tracé avec le déficit de puissance moteur de la Yamaha. Durant ses tests à répétitions, Quartararo a ainsi pu y trouver un peu plus de confiance, donc quelques dixièmes, tout en gommant la piste pour la rendre moins poussiéreuse. Ainsi, le Niçois ne devrait pas perdre plus de deux secondes dans l'affaire.

Fabio Quartararo (Yamaha) lors des essais libres du Grand Pri de Grande-Bretagne, le 5 août 2022

Crédit: Getty Images

Il ne prendra de toute façon aucun risque. "Je ne dois pas me rendre fou avec ça, a-t-il confié dans son debrief de la journée. Risquer une chute pour un ou deux dixièmes est inutile." D'autant qu'il aura beau l'avoir travaillée aux entraînements, la réussite de cette manœuvre ne dépendra pas que de lui. Au virage N.14, le moment pourrait être délicat à vivre.
"Bien sûr, je vais y perdre du temps mais je vais surtout sortir sur une trajectoire où les autres pilotes ne me verront pas, a analysé le pilote Yamaha. Et je ne pourrai pas y faire grand-chose, parce que je serai sur la piste et je ne vais pas m'arrêter." Pour limiter les dégâts, Quartararo a aussi travaillé un exercice qu'il maîtrise parfaitement, à savoir la chasse au chrono, pour tenter d'accrocher une pole plus importante que jamais. Vendredi, il fut ainsi le seul à boucler un tour en moins d'une minute et 59 secondes. Hors de question de laisser la moindre place au hasard.
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