Le sujet a fini par être étouffé par le retour à la compétition de Marc Marquez, l'un de ses rivaux historiques. Valentino Rossi est toujours l'un des personnages centraux du MotoGP mais ces dernières années, et plus encore lors des trois premiers Grands Prix, ses résultats n'ont plus du tout été conformes à sa légende. Jusqu'ici, pourtant, "Le Docteur" a toujours repoussé sa retraite. Pourra-t-il le faire une fois de plus cette saison ?
Cette année encore, le septuple champion du monde s'est donné une moitié d'exercice pour jauger sa compétitivité et son plaisir, en sachant que les deux critères ne sont pas dissociables. Les trois premières levées, à Losail puis Portimão, n'ont pas fait pencher la balance du bon côté : VR46, qui a chuté en course au Portugal, s'était classé 12e, puis 16e après avoir bouclé la plus mauvaise qualification de sa carrière au Qatar. Loin, très loin derrière son ancien coéquipier, Maverick Viñales, et son successeur, Fabio Quartararo, tous deux vainqueurs.
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Trois ans et demi sans victoire, 15 Grands Prix sans podium

Les épreuves qatariennes n'ayant jamais dessiné de réelle tendance pour l'ensemble d'une saison, le retour du "Continental Circus" en Europe doit permettre à Rossi d'en savoir plus sur ses moyens, même si sa perte de contrôle en Algarve a gaspillé une munition. "Deux courses ne suffisent pas à sceller le futur de Valentino, avait confié "Uccio", son ami de toujours, à GPOne. S'il est fort lors des quatre ou cinq prochaines courses, il continuera certainement en MotoGP."
Le plan était le même en 2020 mais la pandémie de Covid-19, qui a chamboulé l'exercice précédent, avait poussé l'Italien à accepter sa rétrogradation au sein de l'équipe satellite de Yamaha, en lieu et place de Quartararo. Désormais, son poids auprès du constructeur japonais n'est plus le même. En début d'année, pourtant, il y avait décelé le positif. "Ces dernières années, les pilotes satellites ont parfois obtenu de bons résultats alors que les pilotes officiels avaient plus de difficultés, notait-il. Donc, c'est bon pour moi. Je suis heureux de ma situation car j'ai le soutien total de Yamaha. Et cette équipe a déjà démontré qu'elle était capable d'amener ses pilotes au sommet."

Valentino Rossi (Yamaha Petronas-SRT) dans son box au Grand Prix du Portugal, le 16 avril 2021

Crédit: Getty Images

Et si son statut a changé, ses ambitions aussi : en 2015, Rossi se battait pour un dixième titre toutes catégories confondues. Désormais, il court après une victoire depuis plus de trois ans et demi. Et tente, tant bien que mal, d'accrocher un nouveau podium - son 200e en classe reine - depuis 15 Grands Prix. La retraite n'est donc plus un sujet tabou, ni pour lui ni pour tous ceux qui tentent, à leurs risques et périls, d'influencer sa décision. Mais à 42 ans, l'Italien n'a pas encore accepté les effets d'un âge où, parmi les sportifs de très haut niveau, seul Tom Brady peut encore jouer les premiers rôles.

Rossi n'a plus peur de la vie d'après

Le voici, plus que jamais, sur le fil partageant la vie qui est la sienne depuis 26 ans et celle d'après. Rossi est animée par une incommensurable passion pour la course. Sa carrière ne s'arrêtera pas d'un coup sec et se poursuivra, sans doute, dans le monde automobile ou à la tête d'une structure engagée en MotoGP. Mais il est aussi, de plus en plus, séduit par l'idée de goûter à l'existence d'un homme et plus seulement d'un pilote. Il y a un an, il avait admis avoir passé un "bon confinement" aux côtés de ses proches, de ses animaux et de sa compagne, Francesca Sofia Novello, avec laquelle il a déjà émis le souhait de fonder une famille. "Depuis 1995, ma vie tourne autour des circuits du monde entier. Mais j'ai aimé rester chez moi, vivre sans la pression constante des résultats des courses", avouait-il.
Pour l'Italien, la peur de l'inconnue s'est quelque peu dissipée mais la tentation d'activer une option de son contrat pour poursuivre l'aventure en 2022 existe encore, même si la décision ne pourra être prise unilatéralement. Et si Rossi appréhende encore l'après, l'ensemble du championnat aussi. Plus compétitif que jamais, incarné par de nouveaux visages, le Mondial doit, malgré cela, une partie non négligeable de sa valeur à la présence de la légende italienne.
Face à la crise économique, et alors que le retour des spectateurs sur les circuits est attendue avec beaucoup d'impatience, un retrait du numéro 46 à court-terme aurait des répercussions considérables. "Il est très important pour le championnat, à la fois pour ce qu'il a fait et ce qu'il fait encore", soulignait Carmelo Ezpeleta auprès de motorionline en décembre dernier. Quatre mois plus tard, alors que l'hypothèse d'une retraite prochaine est encore vive, Le patron de la Dorna, promoteur du MotoGP, a encore dû jouer les pompiers de service dans les colonnes de la Stampa, journal italien : "Un jour, ça s'arrêtera, mais je ne m'attends pas à ce que ce soit sa dernière saison. Lui et moi n'avons jamais parlé de retraite."
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