Bilan des championnats d'Europe 2026 pour la France - Un monstre, un colosse et deux pépites : vivement Los Angeles !
Eurosport sur GoogleÀ mi-parcours entre Paris 2024 et Los Angeles 2028, les championnats d’Europe sont le meilleur baromètre pour juger du niveau de la natation française. Les Bleus sont devancés au tableau des médailles par trois délégations, mmais en tenant compte des blessures des deux locomotives (Grousset et Marchand), le bilan est très bon. Une nouvelle vague débarque et avec elle, des espoirs olympiques.
Sauveur Cristofini médaillé sur le relais 4x200m aux championnats d'Europe
Crédit: Getty Images
Il y a une quinzaine de jours, la délégation française avait des raisons de tirer la tronche. Après des championnats de France aux chronos très moyens et, surtout, les blessures de Maxime Grousset (fracture du pied) et Léon Marchand (adducteurs de la cuisse droite), les championnats d’Europe à domicile, qui ont vu les adieux de Florent Manaudou, l’autre star des bassins, auraient pu tourner au fiasco. Un doute a longtemps entouré la présence des deux stars de la natation française. Et même lorsque celui-ci s’est levé, des questions se posaient autour de leur niveau physique.
Disons-le tout de suite, la France n’a pas tout cassé à Saint-Denis. Si on se borne à un bilan purement objectif, elle a décliné par rapport à Paris et même Singapour l’an dernier en ne s’imposant plus comme la meilleure nation européenne. La Grande-Bretagne, l’Italie et la Russie sous bannière neutre la devancent au classement des médailles et elle se contente de 11 médailles dont 4 en or.
Évidemment que le bilan comptable en médailles aurait pu être un peu plus performant
"Évidemment que le bilan comptable en médailles aurait pu être un peu plus performant si on avait vu l'intégralité de nos forces, mais on fait avec les aléas des blessures et des préparations tronquées, concède Denis Auguin, le DTN. Mais en tout cas, c'est un bilan plutôt positif." Avec un Marchand en pleine forme et capable de s’aligner sur le 400 et 200 4 nages et un Grousset au top, la France aurait, sans doute, dominé les autres nations.
Même avec un adducteur en souffrance, Marchand a rappelé qu’il restait la référence du 200m papillon en flirtant avec son meilleur temps. Sa finale sur le 400m nage libre, qu’il découvrait en grands championnats, a ouvert de sacrées perspectives et planté une graine : désormais installé parmi les meilleurs du monde, va-t-il insister en vue des JO ? Plus sûrement, la vraie bonne nouvelle de la semaine le concernant reste son temps sur le 200m nage libre lors du relais qu’il a lancé. En 1'43"76, il a signé la sixième meilleure performance de l’histoire.
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Léon Marchand, champion d'Europe du 400m nage libre
Crédit: Getty Images
Personne n’a nagé si vite à Saint-Denis, même pas David Popovici, le champion d’Europe. Les progrès en crawl de Marchand sont stupéfiants et, à deux ans de Los Angeles, son duel avec le Roumain sur le 200m nage libre promet déjà d’être l’un des plus grands rendez-vous des Jeux. Son sacre inattendu sur 400m nage libre, au milieu d’un sacré plateau, ajoute des perspectives fantastiques. Le quadruple champion olympique a rappelé à Saint-Denis qu’il pouvait viser six médailles individuelles à Los Angeles. Et peut-être une ou deux de plus en comptant les relais qui ne cessent de progresser.
Moluh, plus gros potentiel chez les filles depuis Muffat ?
Maxime Grousset, lui aussi, a allégé son programme sur ces Europe après sa fracture du pied. Mais le triple champion du monde, en argent sur 50 et 100m papillon, a prouvé qu’il avait les épaules toujours aussi larges. L’introduction du 50m papillon dans le programme olympique lui offre une occasion en plus d’aller décrocher ses premières médailles olympiques dans deux ans. Il en aura, a priori, quatre en individuel (50 et 100m papillon et crawl).
Derrière ses deux têtes d’affiche, certains ont déçu (Yohann Ndoye-Brouard notamment) mais une nouvelle vague a surgi. "L'objectif principal, c'est de créer de l'émergence au sein de l'équipe de France, s’est satisfait Auguin. Et ça, c'est assez intéressant. On a des courbes de progression de nageurs individuels qui se verticalisent."
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Mary-Ambre Moluh, championne d'Europe du 100m dos
Crédit: Getty Images
En premier lieu, celle de Mary-Ambre Moluh qui s’affirme peut-être comme le plus gros potentiel de la natation féminine depuis Camille Muffat. À 20 ans, après un triplé sur les France, elle a illuminé les Europe. D’abord sur le relais 4x100 4 nages mixte qu’elle a lancé comme une balle puis en finale du 100 dos qu’elle a remportée. Avec trois médailles, elle s’inscrit comme la nouvelle sensation de la natation française et pourrait bien relancer des filles qui se cherchaient une référence. "On a beaucoup parlé des garçons ces dernières années mais Mary-Ambre prouve qu’on peut être française et recordwoman d’Europe", note Auguin.
L'avenir appartient à Cristofini
Bien sûr, il faudra aller chercher Regan Smith chez elle, à LA, mais Moluh, 20 ans, a scotché tout le monde depuis six mois. "Il fallait se mettre dans la bonne trajectoire. À Los Angeles, je veux être parmi les meilleures, prévient-elle déjà. Je pense que c'était le moment de rentrer dans le train." Derrière elle, les Bleues se cherchent toujours des espoirs de médailles mondiales et, à moins d’un surgissement imprévu lors des 24 prochains mois, les filles auront bien du mal à alimenter le compteur olympique. Son émergence ne gomme pas les trous en brasse ou en demi-fond chez les filles. La médaillée d'argent à Paris en 2024 du 1 500 m, Anastasiia Kirpichnikova, a d'ailleurs pris sa retraite ce dimanche.
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Sauveur Cristofini ne passe pas en finale du 200 m nage libre pour deux centièmes lors des championnats d'Europe
Crédit: Getty Images
L’autre crack s’appelle Sauveur Cristofini. Le gamin a 16 ans et déjà des références plus impressionnantes que Léon Marchand et Yannick Agnel au même âge. Plus jeune médaillé français de l’histoire des championnats d’Europe, il a impressionné sur le relais 4x200m et sur ses courses individuelles (200m et 400m) où il a explosé ses records personnels. "Il est dans des standards qui sont très élevés, explique Auguin. Mais c'est typiquement le type d'athlète qu'il faut laisser progresser tranquillement. Il faut lui foutre la paix."
Il est un potentiel à développer mais la France n’a jamais eu un tel talent à 16 ans. Avec lui, tout semble possible. À peine plus vieux (18 ans), Nathan Muratory détient désormais le record du monde juniors du 200m dos (1'54''87). Il a deux ans pour pousser fort et confirmer. Ces championnats d’Europe ont confirmé la vitalité des Bleus dans les bassins. Derrière Marchand, la vague est belle et les promesses réelles.
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