Indian Wells - Stefanos Tsitsipas, c’est reparti pour de bon ? "Il veut revenir dans le top 5 et il va le faire"
Mis à jour 07/03/2025 à 10:19 GMT+1
Ressuscité à Dubaï où il a remporté son premier titre depuis près d’un an après de longs mois de doute, Stefanos Tsitsipas s’est dit impatient d’enchaîner à Indian Wells, où il fait son entrée en lice ce vendredi face à Thiago Seyboth Wild. Pour son préparateur physique Frederic Lefebvre, ce retour en grâce ne doit rien au hasard.
Un titre et un retour dans le Top 10 : le résumé de la victoire de Tsitsipas sur Auger-Aliassime
Video credit: Eurosport
Choisir le désert pour sortir d’une longue traversée du désert, après tout, c’est un concept. Telle est la vie qu’a choisi de mener Stefanos Tsitsipas, revenu quasiment des limbes de l’enfer samedi dernier à Dubaï où il a remporté son premier titre depuis près d’un an, au moment précis où, pardonnez-nous l’analogie un peu morbide, tout le monde était peu ou prou en train de planter les derniers clous sur son cercueil avant la mise en bière.
L’homme, comme le joueur, aime à s’entourer d’un parfum de mystère. On n’a pas trop compris comment l’un des membres les plus éminents de la Next Gen, double finaliste en Grand Chelem et triple vainqueur en Masters 1 000, avait pu à ce point se laisser couler ces derniers temps jusqu’à ne plus atteindre le moindre dernier carré d’un tournoi depuis sa finale à Barcelone en avril 2024. On n’est pas sûr d’avoir tout compris, non plus, à cette fantastique renaissance émiratie, une semaine après avoir quasiment touché le fond en s’inclinant au premier tour à Doha face à un Hamad Medjedovic sur une jambe.
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Tsitsipas était inspiré, Auger-Aliassime infranchissable : le Top 5 points de Dubaï
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Ce qui est certain en revanche, c’est que ce "revival" tombe à pic, alors que s’ouvre le premier Masters 1 000 de la saison où le Grec fait son entrée en lice ce vendredi face à Thiago Seyboth Wild, tombeur d’Alexandre Müller. A quel "Tsitsi" s’attendre ? Au joueur au bord de la crise de nerfs qui évoquait une perte de flamme en Australie après une autre défaite d’entrée face à Alex Michelsen ? Ou au phénix renaissant de Dubaï qui a de nouveau subjugué les puristes par son revers ressuscité façon "Roger Federer 2017" ? Dit autrement : ce qu’on a vu aux Emirats n’était-il qu’un mirage favorisé par les circonstances d’un mois de février toujours un peu dur à scripter ? Ou l’amorce d’une vraie reconstruction qui devrait rapidement replacer le Grec parmi les tout meilleurs ?
Je peux désormais avoir une meilleure vision du jeu et du potentiel que je souhaite exprimer. Cela change pas mal les choses. Tout cela m’a donné faim.
Interviewé mercredi dans le cadre de son Media Day, le principal intéressé, lui, a en tout cas tenu des propos qui vont dans le sens d’un nouveau départ : "Il y a beaucoup d’excitation après ce titre à Dubaï, principalement parce que j’ai bien joué, notamment dans les moments importants, et ressenti beaucoup de calme sur le court, a-t-il déclaré avec une lueur manifeste dans les yeux, contrastant avec sa mine sombre de ces derniers mois. Je peux désormais avoir une meilleure vision du jeu et du potentiel que je souhaite exprimer. Cela change pas mal les choses. Je suis très motivé à l’idée d’aller sur le court pour progresser au quotidien. Tout cela m’a donné faim." Stefanos, manifestement, a hâte de voir la suite. Et nous aussi, bien sûr.
À Dubaï, tout a été dit sur cette fameuse et "mystérieuse" nouvelle raquette arborée par le Grec, soucieux de gagner en puissance et en tolérance – quitte à perdre en contrôle -, pour répondre aux exigences du tennis moderne en adoptant un cadre avec un plan de cordage moins dense (16x20 contre 18x20) et une section moins fine. Par respect pour son équipementier officiel, il n’a pas pu en dire plus sur sa nouvelle marque a priori française, dont il serait tombé amoureux (un indice chez vous) en partageant un entraînement cet automne avec Carlos Alcaraz, auquel il aurait également "emprunté" le cordage. Et c’est donc au moment où il touchait le fond de la piscine qu’il a décidé de faire le grand saut.
DES stats incroyables en revers
Une folie ? Bof. La folie, comme dirait Einstein, consiste à faire toujours la même chose et s’attendre à un résultat différent. "Il aurait surtout été stupide de ma part de ne pas essayer quelque chose, a expliqué l’ancien numéro 3 mondial à Dubaï. Parfois, des changements sont nécessaires pour ne pas rester coincé dans les mêmes schémas, encore et encore. Là, je peux frapper plus fort, notamment en revers, j’arrive à mieux trouver mes zones au service. C’est plus confortable, en fait, et c’est ce que je recherchais. J’ai l’impression que cela m’a ramené un peu de fraîcheur et d’enthousiasme au quotidien. Après, quand vous voyez que les résultats suivent, cela booste votre confiance."
Les impressions de Tsitsipas (et des observateurs) ont été corroborées par les statistiques de l’ATP qui ont circulé à Dubaï. Celles-ci ont révélé un revers plus puissant (120 km de moyenne sur la semaine, contre 115 km/h sur les 52 semaines écoulées), plus à plat (notamment long de ligne, avec 2192 rotations/minute contre 2355), et surtout plus précis, notamment cette fois croisé (14,9% de frappes retombées à moins d’un mètre de la ligne de couloir, contre 11,1%). Avec, cerise sur le gâteau, une masterclass en demies contre Tallon Griekspoor (trois fautes directes et une "shot quality" évaluée à 9.8 sur 10). Des chiffres très supérieurs à la moyenne du circuit. Pas mal pour un supposé point faible, non ?
Mais la folie, ce serait aussi de penser que tout s’est remis en place comme par magie, par le simple fait d’une nouvelle raquette. "Son retour, c’est un ensemble de choses, nous a dit depuis Indian Wells son préparateur physique Frederic Lefebvre. Le matériel joue un rôle, bien sûr, mais c’est aussi lié au fait qu’il se sent mieux dans son corps et dans sa tête. Tout doit être imbriqué et c’est le cas en ce moment. Cela fait plusieurs mois que 'Stef' fait bien les choses et même si les résultats n’étaient pas très parlants jusque-là, je n’étais pas forcément inquiet. Je savais que cela finirait par payer."
Le responsable de la partie physique de l’académie Mouratoglou, à laquelle Tsitsipas est toujours lié, connaît particulièrement le garçon dont il a façonné les qualités physiques depuis 2017. Avec un seul temps de pause entre-temps, entre fin 2023 et fin 2024. Dans l’intermède, le Grec a travaillé avec Christos Fiotakis, qui a claqué la porte après Roland-Garros l’an dernier en donnant une interview coup de poing à un media grec dans laquelle il remettait en question l’éthique de travail de son joueur.
c’est clair que quand on a recommencé à travailler ensemble en octobre dernier, il était moins bien physiquement qu’il ne l’est maintenant.
"Je n’ai rien à dire là-dessus mais c’est clair que quand on a recommencé à travailler ensemble en octobre dernier, il était moins bien physiquement qu’il ne l’est maintenant, que ce soit en termes de puissance, de force ou même de cardio, poursuit Frédéric Lefebvre. A Dubaï, on a vu qu’il gagnait la plupart des échanges longs alors que ça n’était plus le cas depuis quelque temps. Il faut dire aussi qu’il a été freiné un moment par une gêne physique sur laquelle je ne souhaite pas non plus m’étendre : mais depuis un peu plus d’un mois, il n’a plus aucune gêne."
Comme souvent, le corps a sans doute suivi l’esprit. Perturbé par une séparation "professionnelle" forcément douloureuse avec son père en août dernier, Stefanos Tsitsipas s’est reconstruit également avec un nouveau coach, son compatriote Dimitris Chatzinikolaou, par ailleurs capitaine de l’équipe grecque de Coupe Davis. Le processus a mis du temps à se mettre en route et ce coquin de "Tsitsi", fidèle à sa façon d’être, a un peu fait en sorte de brouiller les cartes, aussi. Mais là où le public commençait à désespérer, le voilà revenu à un point où son staff, lui, l’attendait.
"Quand on a commencé à discuter après l’US Open, à sa demande, j’ai senti qu’il avait envie de remettre les gaz et de repartir du bon pied, conclut Frédéric Lefebvre. Désormais, on sent qu’au niveau motivation, il a remis la barre plus haut. Il est de nouveau à la recherche de victoires, il ne pense qu’à gagner. Son but, c’est clairement de regagner sa place parmi les meilleurs. Revenir dans le top 5, c’est largement possible et il va le faire."
La tournée américaine, où il n’a jamais été le plus à l’aise – un seul quart de finale au mieux à Indian Wells comme à Miami, en 2021 – n’est pas forcément la plus propice à la poursuite de cette reconquête des sommets. Mais elle arrive cette année à un carrefour important dans la carrière de Stefanos Tsitsipas.
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