Stefanos Tsitsipas a vécu un véritable ascenseur émotionnel en deux jours. Du 7e ciel de sa "remontada" contre Rafael Nadal au retour brutal sur Terre imposé par un Daniil Medvedev ultra-dominateur vendredi. Décidément, les demi-finales australiennes du Grec ont un goût amer, pas loin du traumatisme qui se répète. Et l’intéressé, comme il en est coutumier, n’a pas cherché à cacher ses émotions à la presse après ce coup de massue. Très marqué mais pas fataliste pour autant, il a mesuré le chemin qui lui restait encore à parcourir pour aller conquérir un titre en Grand Chelem.
Lucide, Tsitsipas n’a pas cherché à se voiler la face, ni à exprimer de regrets quant au scénario de la rencontre. Car il s’est vite aperçu vendredi que la différence de niveau était trop importante. Presque un monde d’écart. "Je n’ai vraiment rien à dire. Tout le monde a vu ce qu'il s’est passé. J’étais juste concentré sur mon jeu, et il a fait le spectacle. Il est devenu Daniil Medvedev pendant trois sets d’affilée", a-t-il salué, soulignant le style si efficace de son adversaire qui fait de lui un joueur à part.
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Tsitsipas n'a pas encore renoncé : débreak du Grec face à Medvedev dans le 3e set

Daniil a ce service incroyable que je décrirais bien comme proche de celui de John Isner
S’il n’a jamais semblé en mesure de sérieusement rivaliser avec Medvedev, le numéro 6 mondial aurait peut-être pu chaparder un set au Russe quand il a écarté des balles de double break, refait son retard et même obtenu une occasion de mener 5-3 dans le troisième acte. Une embellie également visible dans les chiffres : Tsitsipas a plus osé, montant 18 fois au filet dans cette manche sur ses 31 tentatives en tout, avec une belle réussite de 77 %. Mais c’était bien trop tard. "Ça n’a pas vraiment eu d’importance. A ce moment du match, même si j’avais bien joué, je ne pense pas que j’aurais eu l’énergie pour revenir. Tout s’est joué dans les deux premiers sets."
Non, Tsitsipas n’a jamais cru à un scénario renversant comme celui qu’il avait connu en quart de finale, car Medvedev le prive totalement de solutions sur le court. Il a désormais perdu 6 de ses 7 duels face à lui, ce qui d’une certaine manière lui impose le respect. Il est désormais loin le temps où il trouvait son rival ennuyeux sur le court. "Il lit le jeu vraiment bien, il a ce service incroyable que je décrirais bien comme proche de celui de John Isner. Et il a un tennis de fond de court fantastique, ce qui rend la tâche extrêmement difficile. Donc même si vous parvenez à le retourner, vous êtes loin d’avoir le point garanti. Il faut vraiment travailler dur pour le gagner", a-t-il insisté.

Medvedev : "J'ai eu un peu peur au 3e set"

Si près, si loin en Grand Chelem

Et l’hommage du Grec au numéro 4 mondial ne s’est pas arrêté là. Après cette démonstration dont il a été la victime, Tsitsipas verrait bien son bourreau remporter son premier titre en Grand Chelem, avec la prudence de mise toutefois quand il s’agit de défier l’octuple vainqueur et double champion en titre Novak Djokovic. "Je ne serais pas surpris que Daniil gagne le tournoi. Mais vous savez, c’est un scénario étrange. J’ai joué Rafa ici il y a deux ans. J’avais trouvé sa performance contre moi phénoménale ce jour-là. J’étais sûr à 100 % qu’il allait gagner le tournoi. Et j’ai finalement eu complètement tort. Qui sait ? Djokovic joue bien aussi. Ecoutez, je ne suis pas un site de paris en ligne. Il se pourrait que ce soit Medvedev, ce serait bon pour lui, bon pour le tennis", a-t-il expliqué entre agacement et conviction.
Une manière pour lui peut-être de répondre au message envoyé par le numéro 1 mondial à la "Next Gen" jeudi. "Ça épicerait un petit peu les choses de changer de noms dans la liste des vainqueurs en Grand Chelem. Ce ne serait pas mal", a-t-il d'ailleurs ajouté pour enfoncer le clou. Et lui dans tout ça ? Pour la troisième fois défait en trois demi-finales de Grand Chelem (Open d’Australie 2019 et 2021, Roland-Garros 2020), Tsitsipas a de quoi être frustré, surtout après avoir montré en quart qu’il avait sa place à la table des grands. Mais contrairement à l’abattement qu’il avait montré il y a deux ans, il tente de prendre un recul salutaire pour la suite.
"Jouer une demi-finale de Grand Chelem, c’est difficile. J’ai prouvé que j’avais le niveau pour battre ces joueurs. Mais comme le dit Stan (sur son tatouage, NDLR) : ‘toujours essayer, toujours rater, peu importe, essayer encore… pour échouer mieux’. Donc espérons que ce soit mieux la prochaine fois", a-t-il glissé philosophe. Déjà prêt à remonter à cheval, il compte bien rejouer en tournoi dès la semaine prochaine. Histoire de tourner rapidement la page de cette cruelle sortie et de retenir le meilleur d’une quinzaine qui lui aura peut-être tout de même permis de franchir un cap psychologique. Tout le monde ne remonte pas deux sets à Rafael Nadal dans un Majeur, il aurait tort de l’oublier.

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