Gaël Monfils aurait-il pu remporter un Grand Chelem ? "Avec un peu plus de réussite, peut-être mais..."

Eurosport sur Google

A 38 ans, Gaël Monfils va disputer un 3e tour de prestige dans la nuit de vendredi à samedi face à Taylor Fritz (4h30, à suivre sur Eurosport via Max). Le Français est libéré du poids des attentes et avance libéré dans une année 2025 d'ores et déjà réussie avec ce titre à Brisbane. Il convient donc d'en profiter. Et d'avoir des regrets ?

Monfils face au défi Fritz : "Le service sera la clé"

Video credit: Eurosport

"J'ai l'impression qu'il a trouvé un équilibre dans sa vie. Peut-être que par le passé, il cogitait beaucoup. Il n'a plus rien à prouver, il est libre". Les mots sont de Justine Hénin et résument à merveille la dynamique actuelle de Gaël Monfils. À 38 ans, le Parisien a passé l'âge de prouver quoi que ce soit et le poids des attentes, fatalement, s'est déporté des épaules plus jeunes côté français. Pour autant, son début de saison en fanfare, matérialisé par son titre à Auckland, a rappelé que, quand le feu sacré l'habitait, "La Monf'" était à part.
"Quand j'ai commencé à entraîner Gaël, j'ai été estomaqué, bluffé, impressionné par les qualités physiques et techniques et de frappe de balle de ce joueur, rembobine encore Pier Gauthier, l'un de ses premiers coachs sur le circuit. Si on parle de potentiel, c'est impressionnant. Pour moi, c'était au niveau des plus grands."
Reste qu'à la fin de l'histoire, le palmarès ne suit pas. Pourquoi ? La sempiternelle question hante le tennis français et a franchement été lourd à la longue pour Gasquet, Tsonga, Monfils ou Simon. À cette question, "Jo" et "Gaël" ont répondu sans décembre en décembre lors d'un live Youtube organisé par ce dernier.
Il y a toujours un peu de frustration avec Gaël
"Nous étions assez bons pour aller loin, mais pas pour gagner, synthétisait Tsonga. C'est une réponse sincère et honnête, et nous pouvons ensuite spéculer sur ce que nous aurions dû changer ou ce qui devait être amélioré, mais c'est ainsi que les choses se sont passées." Et Monfils de compléter : "Les quatre grands étaient meilleurs que nous. Ils nous faisaient sentir faibles. Par exemple, contre Nadal à Monte-Carlo, j'ai joué le meilleur match de ma vie sur terre battue et il m'a battu 6-0 au troisième set. C'est le meilleur. J'ai tout donné et il m'a détruit physiquement".
Ancien partenaire des deux en Coupe Davis notamment, Nicolas Mahut partage l'analyse, notamment concernant Monfils et son extraordinaire potentiel physique. "On pourrait débattre des heures sur le fait de savoir s'il aurait pu avoir un meilleur palmarès, estime notre consultant. Mais les joueurs qui étaient devant lui étaient meilleurs que lui. En revanche, je pense aussi qu'il aurait pu être un meilleur joueur. Ça ne veut pas dire qu'il n'a pas travaillé, il s'est énormément investi, il a beaucoup analysé le jeu. Mais il y a toujours un peu de frustration avec Gaël. On a toujours le sentiment qu'il peut avoir plus dans la raquette, dans son physique puisque c'est un des meilleurs athlètes qu'on ait eu ces 15 dernières années. Alors, un Grand Chelem ? Avec un peu plus de réussite… Peut-être. Mais pour gagner un Grand Chelem, il fallait toujours battre au moins deux joueurs parmi Federer, Nadal et Djokovic. Et, eux, ils étaient simplement plus forts."
picture

Monfils, de son match le plus bizarre à sa plus belle victoire

Video credit: Eurosport

Le débat, franco-français, a également été proposé aux autres rédactions d'Eurosport. Et les réponses vont dans le même sens : Monfils est "un showman extraordinaire" mais… "Pour moi, il fait partie de ces joueurs où on se dit 'il aurait pu gagner plus', avance Tobias Laure d'Eurosport Allemagne. Il avait le potentiel pour un Grand Chelem ou des titres en Masters 1000 avec toutes ses armes. En étant plus constant, il aurait peut-être pu faire Top 3 mondial aussi."

Fichu "Big 4"

Mais, inexorablement, c'est l'incroyable densité de la période qui revient dans toutes les réponses des journalistes étrangers. "Il a été malchanceux, comme beaucoup d'autres, d'être dans l'ère du 'Big Three', insiste Becky Hart d'Eurosport au Royaume-Uni. Ses deux demi-finales en Majeur ont été face à Federer et Djokovic donc il n'a pas à rougir. Alors, avec un tableau plus ouvert, comme Marin Cilic en 2014, pourquoi pas ? Mais il y a tellement de joueurs à qui ça s'applique…"
La comparaison avec le Croate est pertinente. En 2014, lors de l'US Open, ce dernier réussira à coller trois sets à Federer en demi-finale. Ce qu'a échoué à faire la Monf' au tour d'avant alors qu'il menait deux sets à zéro et obtenu deux balles de match lors du quatrième set. Mais tout ceci nous ramène, déjà, onze ans en arrière.
Comme ce fut le cas pour Nadal l'an passé, pour Gasquet en 2025, pour Wawrinka ou Djokovic dans les mois qui viennent, il convient désormais et surtout d'en profiter encore un peu. A Melbourne, ses défenses de folie, ses glissades, ses célébrations ont rappelé au monde en quoi le "show Monfils" était unique en son genre. L'heure des regrets est passée. Vient celle du kiff. "Au fond, il est un fragment d'une ère qui est en train de disparaître, conclue Carlofilippo Vardelli d'Eurosport Italie. Tous ses matches, comme ceux de Wawrinka ou de Nole, doivent être appréciés comme si c'étaient les derniers".
picture

Malgré quelques remous, Monfils n'a jamais vraiment tangué : le grand format

Video credit: Eurosport


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité