US Open 2026 | Galères de voyage, "diarrhée gate", entraîneur volatilisé mais un bond de géant : la folle année d'Arthur Gea en six dates clés

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Il avait débuté l'année à la 244e place mondiale sans avoir jamais disputé le moindre Grand Chelem. Le voilà devenu le deuxième lucky loser de l'ère Open à atteindre la deuxième semaine à l'US Open. Entre-temps, le Français Arthur Gea a vécu moult péripéties, plus ou moins heureuses, aux quatre coins du monde. Résumé d'une saison complètement folle… qui n'est certainement pas finie.

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1er janvier : Il débute l'année… 244e mondial

Au dernier classement publié par l'ATP en 2025, Arthur n'émarge qu'à la 244e place mondiale. Soit le 27e joueur français, et le cinquième prénommé Arthur (après Rinderknech, Fils, Cazaux et Bouquier). Autant dire encore un joueur de Futures, catégorie de tournois dans laquelle il a triomphé quatre fois en 2025.
Mais tout s'accélère au passage de la nouvelle année. Dès son premier tournoi, le Provençal, cornaqué par un nouvel entraîneur – l'ancien joueur autrichien Gérard Melzer, petit frère de Jürgen –, ouvre son palmarès en Challenger, à Nouméa, en battant notamment un certain Michael Zheng en demi-finale, celui-là même qu'il a battu samedi au troisième tour de l'US Open. Derrière, il sort des qualifications à l'Open d'Australie et, pour son premier tableau en Grand Chelem, s'offre Jiri Lehecka avant de perdre un combat dantesque contre Stan Wawrinka au deuxième tour.
Ensuite, tout s'enchaîne : premier quart de finale sur le circuit principal à Montpellier, puis deux demi-finales et une finale en Challenger. Fin mars, il est aux portes du top 100.
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Arthur Gea - Stan Wawrinka : Les temps forts du match - Australian Open

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22 mars : Blessure en pleine finale, puis des problèmes de santé

Cette période faste subit un coup d'arrêt brutal le 22 mars, jour où Arthur dispute la finale du Challenger de Zadar, en Croatie, face à Stefano Travaglia. Le Français est contraint à l'abandon après trois jeux, en raison d'une blessure à la cuisse droite survenue lors de son gros combat victorieux en demie contre son compatriote Kyrian Jacquet.
S'ensuit un printemps difficile, marqué aussi par des problèmes de santé. Entre avril et mai, le Vauclusien ne gagne que deux matches sur terre battue, lors des qualifications de Hambourg.

24 mai : "Diarrhée gate" à Roland-Garros

Titulaire d'une wild-card à Roland-Garros, Arthur Gea va y offrir, bien malgré lui, l'une des scènes les plus pittoresques du tournoi. Opposé à Karen Khachanov au premier tour sur le court Suzanne-Lenglen, il demande à quitter précipitamment le terrain, à 4-1 dans le premier set, en raison d'une crise gastrique. "J'ai la chiasse, je ne peux plus bouger, je vais chier sur le court", hurle-t-il à l'arbitre qui, peu compatissant, lui demande pour cela d'attendre la fin du jeu.
Pour son premier tableau final à Paris, le Provençal est finalement battu 6-3, 7-6(3), 6-0. Même s'il veut retenir le positif de cette expérience, il est alors un peu dans le creux de la vague.
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24 juin : Plaqué par son coach après une défaite en qualifications à Wimbledon

Dans la foulée, le Français de 21 ans connaît une saison sur gazon compliquée. Il est notamment battu au deuxième tour des qualifications de Wimbledon par le Sud-Coréen Soonwoo Kwon et, juste après, c'est la double peine : son entraîneur Gérard Melzer lui annonce du jour au lendemain qu'il quitte son poste, lassé de voyager. Un coup dur et inattendu, après plusieurs mois d'une fructueuse collaboration.
Arthur reforme alors une nouvelle structure aux côtés d'Andrea Morlet et de l'ancien joueur français Grégoire Jacq, présent à ses côtés à New York.
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2 août : un premier titre à Los Cabos… grâce à un voyage rocambolesque

Malgré ce coup du sort, Arthur repart du bon pied cet été. Mi-juillet, il atteint la finale du Challenger de Granby et est censé enchaîner avec celui de Bloomfield Hills, dans le Michigan. Mais des galères d'avion, couplées à un juge-arbitre peu coopératif qui refuse de décaler son entrée en lice, le contraignent finalement à déclarer forfait, et à mettre le cap plus tôt que prévu vers Los Cabos.
Le voyage vers le Mexique est lui aussi perturbé par des douaniers zélés qui lui infligent des taxes sur ses tenues Lacoste, craignant la contrefaçon. Au total, le déplacement lui coûte "entre 3 500 et 4 000 euros", confie-t-il à L'Équipe. "J'imagine que mon karma, maintenant, sera positif."
Et comment ! Ça y est, le natif de Carpentras a mangé son pain noir. Au lieu de disputer les qualifications, il intègre le tableau grâce à une série de forfaits et, une semaine plus tard, décroche son premier titre sur le circuit principal en battant notamment... Michael Zheng au deuxième tour, puis Denis Shapovalov en finale (6-3, 6-4). À la clé, une accession au top 100.
Fort de cette percée, il sollicite auprès de la FFT la wild-card de réciprocité pour l'US Open. Mais les plans ne changent pas : celle-ci sera accordée à Gaël Monfils, qui a prévu de disputer à New York le dernier Grand Chelem de sa carrière.
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30 août : Lucky loser… grâce à Casper

Sèchement battu au dernier tour des qualifications de l'US Open par l'Américain Nishesh Basavareddy (6-3, 6-1), Arthur Gea n'avait été tiré qu'en troisième position sur la liste des potentiels repêchés pour le tableau final. Il lui fallait donc compter sur plusieurs forfaits, et ce fut finalement celui de Casper Ruud, blessé au dos, qui lui a ouvert les portes du paradis.
Autre coup de pouce : la défaite d'entrée de Rafael Jodar, l'épouvantail de sa partie de tableau, qu'il aurait dû affronter au troisième tour à la place de Zheng. Opportuniste, le Français a saisi l'occasion pour devenir le deuxième lucky loser de l'ère Open à se hisser en huitièmes de finale à l'US Open, après… Corentin Moutet en 2022. Il est également le plus jeune Français (21 ans, 254 jours) à figurer en deuxième semaine à New York depuis Richard Gasquet en 2006. Et, last but not least, le seul Français qui aura atteint une deuxième semaine majeure cette saison. Alors qu'il n'aurait jamais dû être là. Vous avez dit karma ?
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