Wimbledon 2026 - Aucun représentant en deuxième semaine, aucune victoire de marque : quand le tennis français n'a plus droit au bonheur...

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Absent de la deuxième semaine de Wimbledon, le tennis français a certes été une fois de plus remis à sa place en Grand Chelem. Mais un exploit, de temps à autres, ne serait pas interdit. Or, les Bleus en créent aussi de moins en moins dans ces tournois majeurs. Comme s'ils se laissaient gagner, à la longue, par une forme de résignation un peu inquiétante. Il faudrait rallumer la flamme, et vite.

Arthur Rinderknech à terre au moment de sa défaite contre Novak Djokovic au 3e tour de Wimbledon (2026).

Crédit: Getty Images

Ah bon, Wimbledon est déjà fini ? Pour les Bleus, en tout cas, oui. Et pour être honnête, on ne l'a pas vu passer. Pour la bonne et simple raison qu'on n'a quasiment rien vu. Certes, il n'y a rien à reprocher à Arthur Rinderknech qui a livré un vrai bon match contre Novak Djokovic et qui tend à devenir, depuis un an, l'exception à la règle dont on va parler ci-après. Mais pour le reste, ce fut globalement morne plaine : une édition 2026 à l'encéphalogramme quasiment plat pour le tennis tricolore. À oublier très vite.
Hommes et femmes confondus, il y aura donc zéro Français en deuxième semaine de Wimbledon. En soi, ce n'est pas une surprise. C'est même la stricte réalité de leur place dans l'échiquier mondial, à partir du moment où aucun garçon ne figure dans le top 20, et aucune fille dans le top 40. C'est d'ailleurs la deuxième fois cette année qu'il n'y aucun(e) Bleu(e) en deuxième semaine d'un Majeur après l'Open d'Australie. Et la quatrième fois à Wimbledon sur les six dernières éditions (après 2021 et 2023).
La récurrence des faits ne laisse aucune place au doute : c'est juste logique. Mais la manière, en revanche, interroge. Avant le match de Rinderknech ce vendredi, à quel moment dans ce Wimbledon a-t-on ne serait-ce que levé un sourcil pour le tennis français ? Allez, quand Arthur Fils a réussi son retour fracassant contre Raphaël Collignon. Ou quand Loïs Boisson a pris un set au premier tour à Elena Rybakina. Et quand Diane Parry a mené 8-4 au super tie break au 2e tour contre Anna Kalinskaya. Mais c'est à peu près tout…
Pour le reste, ce Wimbledon n'aura été qu'une succession de trains bleus qui arrivent désespérément à l'heure. Parfois même à la queue-leu-leu, à l'image de ce funeste jeudi noir qui, après la défaite d'Arthur Fils - ramené sur terre par Matteo Berrettini -, a vu Adrian Mannarino, Valentin Royer et Kyrian Jacquet perdre successivement en trois petits sets contre Alex de Minaur, Alexander Zverev et Alexander Bubik. Rien d'infamant, rien de déshonorant, certes. Mais on n'aurait rien contre un exploit de temps à autre, hein. Il fut un temps où ils étaient, non pas légions, mais au moins réguliers, surtout à Wimbledon. Là, on n'en a jamais entrevu l'ombre de la couleur.
Et malheureusement, ce constat-là aussi devient assez récurrent. En 2026, jusqu'à présent, il y a eu 18 confrontations en Grand Chelem entre un Français, ou une Française, et un (ou une) membre du top 10. Bilan : 17 défaites. Seule Diane Parry a sauvé l'honneur à Roland-Garros en l'emportant (à l'arraché) contre une Amanda Anisimova qui faisait tout juste son retour après avoir été blessée au poignet. Cela dit, on n'enlèvera rien au mérite de Diane. Bien au contraire, dressons-lui une médaille : elle a aussi été la seule Tricolore à atteindre une deuxième semaine en Grand Chelem cette saison, jusqu'à présent.
Pour le reste, ce fut une litanie de défaites attendues, sans odeur ni saveur. Même pas le moindre combat en cinq sets à se mettre sous la dent. Au total de ces 17 défaites, on recense cinq maigres petits sets arrachés. Tout juste a-t-on (un peu) vibré devant le premier tour de Giovanni Mpetshi Perricard contre Novak Djokovic à Roland-Garros, ou le troisième tour de Quentin Halys contre Alexander Zverev, également à Paris. Et donc devant Arthur Rinderknech contre ce même Djokovic à Wimbledon. C'est maigre...
Depuis un peu plus d'un an, Rinderknech semble d'ailleurs l'un des rares Français enclins à se surpasser dans ces tournois du Grand Chelem. N'omettons pas, en 2025, sa victoire sur Zverev à Wimbledon, ni ses bons matches (bien que perdus en trois sets) contre Jannik Sinner au 1er tour de Roland-Garros, et contre Carlos Alcaraz en huitièmes de finale de l'US Open. Pour le reste, la flamme tricolore semble éteinte. Comme si les Bleus avaient perdu leur esprit de révolte. Ça n'est pas méchant, encore moins rédhibitoire. C'est juste factuel, pour le moment.
On connaît les difficultés d'Arthur Fils avec son dos. Mais s'il parvient à rester sans blessure, je suis certain qu'il se qualifiera pour les Finales ATP.
Interrogé à Wimbledon sur le plateau de BeIN Sports, Ivan Ljubicic, responsable du haut niveau à la FFT, a plaidé la mauvaise passe conjoncturelle : "Il ne faut pas oublier qu'on a eu beaucoup de blessures chez les filles, notamment Varvara Gracheva et Clara Burel qui se sont fait les croisés, et Loïs Boisson qui a perdu six-sept mois, a fait constater le Croate. Chez les hommes, on a vu qu'Arthur Fils manquait de rythme. Mais c'est un super joueur. On connaît ses difficultés avec son dos, il doit trouver les solutions là-dessus et s'il parvient à rester sans blessure, je suis certain qu'il se qualifiera pour les Finales ATP. Il faut avoir un peu de patience, parce qu'on a une génération très intéressante qui arrive."
L'argumentaire est recevable, certes. Fils, seul Français à avoir battu des joueurs du top 10 cette année (Felix Auger-Aliassime à Indian Wells et Lorenzo Musetti à Barcelone), ne semble guère concerné par le complexe d'infériorité ambiant. Et on a quand même vibré très fort à Roland-Garros cette année pour Moïse Kouamé, comme on avait vibré l'an dernier pour Loïs Boisson. Quand l'un explosera pour de bon, quand les deux autres seront à nouveau à leur meilleur physiquement, on peut croire en des lendemains beaucoup plus pétillants. En attendant, à Londres, le bal est terminé. Et le tennis français continue de se faire appeler Arthur…
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