Ligue 1 - Lyon doit-il craindre de sortir du top 5 ?

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LIGUE 1 – Passé à côté du podium la saison passée, l’OL, sevré de Ligue des champions pour la deuxième saison de suite et de titre depuis bientôt 10 ans, entame un nouveau cycle avec Peter Bosz. Et sans Memphis Depay, qui avait porté l’équipe l’an passé. Alors que la concurrence apparaît renforcée, Lyon, qui lance sa saison ce samedi (17h) face à Brest, doit-il redouter une sortie du top 5 ?

Karl Toko Ekambi (Lyon)

Crédit: Imago

Des joueurs désabusés, hagards, la tête basse : voici la dernière image de l’Olympique Lyonnais en championnat. C’était le 23 mai dernier, et les Rhodaniens, battus à domicile par Nice (2-3), qui n’avait pourtant plus rien à jouer, venaient de laisser échapper la 3e place de la Ligue 1. Monaco leur avait pourtant laissé l’occasion d’aller la chercher en faisant match nul à Lens (0-0).
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Lyon s'est incliné face à Nice et a vu la Ligue des champions s'envoler

Crédit: Getty Images

Une fin piteuse pour Rudi Garcia, le tacticien qui a amené l’OL en demi-finale de C1 9 mois plus tôt mais n'a jamais vraiment accepté au sein de l’institution, en témoigne ses sorties médiatiques d’après-mandat. Pour le remplacer, la direction lyonnaise et Jean-Michel Aulas ont donc misé sur Peter Bosz. Le travail du technicien néerlandais au Bayer Leverkusen (2018-2021), et surtout à l’Ajax Amsterdam (2016-2017), où il avait croisé la route de l’OL lors d’une mémorable demi-finale de Ligue Europa avant de perdre en finale face au Manchester United de José Mourinho, a révélé un coach porté vers un jeu attractif et offensif.
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Une notion primordiale pour la direction des Gones, comme l’a indiqué JMA lors de la conférence de presse de présentation de son nouveau coach fin mai : "On a fait en sorte d'aller vers le profil d'entraîneur le plus adapté à nos souhaits : expérimenté, avec la capacité de faire jouer des jeunes, une référence offensive pour les médias et les groupes de supporters". Une façon pour le boss de l’OL de tenter de ramener un peu d’euphorie dans un club marqué par les tensions, notamment du côté des fans, qui ont suivi la nomination de Garcia ou celle quelques années auparavant de Bruno Genesio.

Le douloureux précédent Sylvinho

Un clin d’œil aussi aux années Rémi Garde (2011-2014), un ancien joueur du cru, dont le passage à la tête de l’OL, malgré des résultats moins grandiloquents que ceux de ses successeurs (4e, 3e et 5e), a été marqué par un jeu plaisant et surtout, la révélation de nombreux joueurs du centre de formation d’une génération dorée, dont Anthony Lopes, toujours présent au club, ainsi qu'Alexandre Lacazette ou Corentin Tolisso, pour ne citer qu’eux.
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Peter Bosz lors d'un match de pré-saison avec Lyon

Crédit: Getty Images

Il y a deux ans, l’OL avait déjà tenté le pari avec un coach étranger, Sylvinho. Et cela c’était très mal passé : après deux victoires convaincantes, les Lyonnais s’étaient écroulés, avec une série de sept matches sans victoire en Ligue 1 et, donc, l’arrivée de Garcia en remplacement du Brésilien, choix de Juninho rapidement désavoué. Bosz peut-il faire mieux ? Déjà, l’ancien milieu de terrain, qui arrive avec beaucoup plus d’expérience sur un banc, connaît bien la Ligue 1, pour y avoir évolué pendant trois saisons (1988-1991), à Toulon. A Eurosport, Rolland Courbis et Frédéric Meyrieu, qui ont croisé sa route dans le Var, ont exprimé leur confiance quant à sa capacité à réussir.

Beaucoup de départs, peu de renforts

Mais la tâche s’annonce rude. Déjà parce que l’OL se retrouve orphelin de Memphis Depay, en fin de contrat et parti du côté du FC Barcelone cet été. Le Néerlandais, s’il n’a pas tout réussi, sortait de sa meilleure saison en Ligue 1, avec 20 buts et 12 passes décisives. Des chiffres qui ne disent qu’une partie de son importance au sein du collectif lyonnais sur le terrain l’an passé. Loin d’avoir trouvé un meneur d’hommes à sa hauteur, Lyon, obligé comme bon nombre de clubs tricolores de vendre avant de placer ses pions lors du mercato, a pour l’instant surtout dégraissé son effectif.
Les indésirables Koné (Troyes), Andersen (Crystal Palace), ainsi que Jean Lucas (Monaco), Melvin Bard (Nice) ou Jamel Benlamri (Qatar FC), ont quitté le navire, tandis qu’un départ d’Aouar est toujours dans les tuyaux, comme celui de Maxwel Cornet. Lucas Paqueta, l’autre grande satisfaction lyonnaise de la dernière saison, vient tout juste de reprendre l’entraînement après avoir participé à la Copa América cet été, et il faudra donc attendre un peu avant qu’il puisse s’exprimer pleinement au sein d’un effectif que Bosz, de son propre aveu, doit encore modeler. "J'ai besoin de temps. Notre effectif n'est pas totalement équilibré sur nos trois lignes et il faut travailler sur chacune d'entre elles", a-t-il ainsi déclamé à l’AFP à quelques jours de la reprise du championnat. Comme pour mieux anticiper une future désillusion ?
Le coach néerlandais, qui a seulement vu Damien Da Silva et Henrique renforcer son effectif jusqu’ici, doit aussi commencer cette saison sans Bruno Guimaraes, aux JO avec le Brésil, tandis que l'arrivée du gardien de l’Ajax André Onana ne devrait, sauf nouveau retournement de situation, pas avoir lieu alors qu'elle avait semblé très proche. Malgré un effectif auquel il faudra donc apporter encore quelques retouches, Bosz aura à cœur de commencer par prendre le moins de retard possible sur ses concurrents au podium. Et ils sont nombreux à l’entame de cette saison. Le PSG hors d’atteinte, Lille, vainqueur du trophée des Champions, a montré que même sans certains cadres, il pourrait encore jouer les trouble-fêtes. Monaco et Nice, deux clubs auxquels Lyon a vendu des joueurs, ainsi que Rennes, et surtout l’OM de Jorge Sampaoli, semblent s’être renforcés et sont pour beaucoup revanchards après une saison ratée.

Retrouver une recette

Cela fait beaucoup de monde pour un top 5 dont Lyon n’est sorti qu’une fois lors des 22 dernières saisons : celle tronquée par la pandémie de coronavirus en 2020 (7e). Et quand on sait que l'OL va aussi devoir gérer un enchaînement championnat - Ligue Europa qui a peu réussi aux clubs tricolores ces dernières années…
Les premiers matches de l’ère Bosz, même s’il est souvent difficile de tirer des conclusions précises des matches de préparation estivaux, ont créé plus de doutes qu’ils n’ont rassurés. Après des victoires face à Bourg-en-Bresse (5-1), Villefranche (2-0) et Wolfsburg (4-1), et un nul face à Villarreal (2-2) qui ont démontré la volonté de bien utiliser le ballon de la formation rhodanienne, l’équipe a enchaîné deux revers de suite lorsque le chemin s’est élevé.
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Islam Slimani buteur pour Lyon contre le Sporting le 25 juillet 2021 à Lisbonne

Crédit: Getty Images

Surtout, l’OL a encaissé huit buts lors de ses deux derniers matches, face au Sporting (3-2), et contre Porto (5-3), qui ont rappelé ses carences défensives criantes des dernières saisons. "Je ne regarde pas que les résultats. Contre Porto, c'était bien mieux que face au Sporting contre qui c'était très mauvais. Contre Porto, nous prenons trois buts tout à la fin après de nombreux changements de part et d'autre", a voulu évacuer Peter Bosz, qui a dû certes composer presque intégralement sans Jason Denayer, lui aussi revenu sur le tard après avoir disputé l’Euro avec la Belgique et touché ensuite par le Covid-19, et qui manquera la reprise face à Brest.

Gusto et Cherki, deux jeunes pousses pleines de promesses

Ces deux revers ont illustré toutes les difficultés qui vont se présenter à l’OL afin de produire le jeu souhaité, à savoir conserver un équilibre en se projetant constamment vers l’avant et en pressant haut. Et alors qu’Andersen, dont les qualités de relance sont louées, semblait coller au mieux au jeu de Bosz, celui-ci est donc parti, laissant comme options Marcelo et Sinaly Diomandé, deux joueurs bien moins habiles ballon au pied… Quant à l’arrière gauche Henrique, ses débuts ont été catastrophiques, et il lui faudra semble-t-il encore du temps pour laisser entrevoir le talent vanté par Juninho lors de son arrivée.
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Rayan Cherki (OL) célèbre son but, celui de la victoire sur la pelouse de l'AS Monaco (2-3), lors de la 35e journée de Ligue 1 - 02/05/2021

Crédit: Imago

Les fans olympiens ont pu en revanche admirer le talent du jeune Malo Gusto au poste de latéral droit. Ils ont aussi vu Karl Toko-Ekambi et Moussa Dembélé, certes pas non plus irréprochables, reprendre du bon pied (respectivement 3 et 4 buts durant la préparation), et espèrent que Rayan Cherki, très en vue face à Porto, va encore affirmer, à seulement 17 ans, son immense potentiel. C’est là tout le paradoxe de Lyon avant le début de cet exercice : malgré une institution qui semble plus solide que nombre de ses concurrents, sur le terrain, ce sera encore la saison du grand pari.
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