De Saint-Denis à Paris, il n’y a qu’un pas. De Paris à Saint-Denis, une semaine s’est écoulée. Et l’eau de la Seine n’a pas encore suffisamment coulé sous les ponts pour que le Real ait oublié. Même si le rendez-vous de samedi soir est le plus prestigieux de tous, ce que Madrid sait mieux que quiconque sur la planète, la gifle reçue en mondovision la semaine dernière, alors que Kylian Mbappé grimpait sur un podium au centre de la pelouse du Parc pour annoncer qu’il préférait le rouge et bleu au blanc, a laissé des traces qui subsisteront. Mais qui seraient sacrément atténuées si Karim Benzema soulevait la "Decimocuarta" au Stade de France, sur une nouvelle pelouse qui a beaucoup fait parler alors même qu’elle n’a pas encore été foulée.
Avant d’en arriver là et d’imiter leurs prestigieux prédécesseurs qui étaient de la première au Stade de France et avaient plié le novice valencian en 2000 (3-0), il faudra s’offrir le scalp de Liverpool. Les Reds ne sont pas des bleus en la matière et, s’ils n’ont pas gagné la moitié des C1 récoltées par les Merengue, les six qui remplissent l’armoire aux trophées liverpuldienne font du club de nord de l’Angleterre une puissance plus que respectable. Eux aussi, d’ailleurs, ont pris un coup sur la tête le week-end dernier, venu de Manchester City. Mais eux aussi gardent un souvenir favorable du coin. En 1981, ils étaient venus récolter de la belle argenterie du côté du Parc des Princes face… au Real Madrid (1-0). Alan Kennedy avait fait plier le géant espagnol. En finale, personne n’y est parvenu depuis.
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Salah prolonge à Liverpool
01/07/2022 À 15:11

Vous avez voté : votre "onze type" de Real-Liverpool

Longtemps après cette soirée, même les Reds se sont cassé les dents face aux Madrilènes. A Kiev, en 2018, l’armada de Klopp n’en était pas encore une. L’expérience de la bande à Zidane, sur la route d’un exceptionnel "back to back to back", avait éteint les Reds. Mo Salah et Loris Karius en ont conservé quelques marques et sans doute un peu de rancœur. "On n’a pas oublié ce qu’il s’est passé à Kiev mais je ne vais pas revoir la finale d’ici demain", a confié un Jürgen Klopp très détendu, vendredi. 2019 est passé par là. Et Liverpool a pris du galon depuis cette triste soirée.
Le Real est favori
On pourrait même aller jusqu’à avancer que les Reds, en quête d’une septième C1 - qui les hisserait au niveau de l’AC Milan -, sont les favoris du rendez-vous du Stade de France, qui a repris le flambeau de Saint-Petersbourg en raison de la guerre lancée par la Russie contre l’Ukraine. "Ce n’est pas facile à dire, tempère Klopp. Je dirais que le Real est favori en raison de son expérience, même si j’ai envie de penser et j’aimerais dire qu’on est sur un pied d’égalité". Au minimum, oui. Parce que si Liverpool est passé à un point d’un vingtième titre de champion d’Angleterre et de la perspective d’un fantastique quadruplé, il n’en reste pas moins que les Scousers viseront un sacré triplé, samedi. Avec l’aide, possiblement providentielle, de Thiago Alcantara. Touché dimanche dernier face à Wolverhampton, il court contre-la-montre depuis.
La providence, le Real Madrid a fait plusieurs fois appel à elle au cœur d’une aventure à nulle autre pareille. La tête au-dessus du précipice, les Merengue l’ont eue plus que de raison. Face au PSG, d’abord. 150 minutes de rien et puis, la lumière. Contre Chelsea, ensuite. Un retour cauchemardesque et puis, le doigt sur l’interrupteur. Devant Manchester City, enfin. Virtuellement éliminés de la 2e minute du match aller à la 91e de la manche retour, les joueurs de Carlo Ancelotti - en quête d’une quatrième coupe aux grandes oreilles, ce qui serait un record - ont renversé la table. Avec, évidemment, Karim Benzema, en déménageur en chef.
Avec 15 buts au compteur, le Français s’est hissé à des hauteurs que seul Cristiano Ronaldo a fréquentées (17 réalisations en 2013/2014). A 34 ans, le capitaine du Real n’a jamais été aussi fort. Il court derrière une cinquième victoire dans la compétition et, indirectement, après un premier Ballon d’Or. A cette heure, KB9 est le candidat numéro 1 à la succession de Lionel Messi et il en faudrait beaucoup, de Sadio Mané ou de Mohamed Salah, pour qu’il en soit autrement. Mais ça, Benzema n’en a cure. L’essentiel a des grandes oreilles. Tout le reste, le principal intéressé vous le dirait, ce ne sont que "des petites choses". Samedi à Saint-Denis, cité où l’on inhume les rois, il sera question, cette fois, d’en couronner un nouveau.

"Si le Real perd la finale, il s'exposera au tremblement de terre Mbappé"

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