Bayern Munich - PSG (2-0) : La cour des grands, le Paris Saint-Germain n'en a jamais été aussi loin

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LIGUE DES CHAMPIONS – Pas de remontada ou de match rocambolesque. Stoppé une nouvelle fois en 8e de finale, le PSG a été éliminé à la régulière par le Bayern Munich mercredi (2-0). Un échec qui traduit l'écart de niveau, tant collectif que structurel, entre les deux clubs. Il montre surtout la régression inexorable d'un projet parisien qui n'était pourtant pas parti sur les plus mauvaises bases.

"Cette élimination marque un net recul de Paris dans le concert européen"

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C'était une époque où Paris était déjà moqué. Celle où ses rêves de gloire se heurtaient systématiquement à un plafond de verre. Celle où le PSG ne passait pas les quarts de finale de la Ligue des champions. Les quatre premières années de l'ère QSI étaient marquées par le sceau de l'échec au même stade de la compétition. Paris intégrait systématiquement le Top 8 européen sans jamais parvenir à aller plus loin, et cela disait tout de sa marge de progression. Mais au moins, il en faisait partie. Et dans le projet si ambitieux du club de la capitale, cela ressemblait aussi à une base sur laquelle il pouvait bâtir ses rêves de gloire.
Il y avait bien sûr des choses à redire. Pas forcément en 2013, quand le PSG de Carlo Ancelotti était tombé la tête haute devant le Barça au Camp Nou (1-1). Davantage en 2014, quand celui de Laurent Blanc n'avait pas su tenir sous la pression de Chelsea à Stamford Bridge (2-0) après avoir battu les Blues au Parc des Princes (3-1). Un peu moins en 2015, quand il avait subi la loi d'un Barça flamboyant emmené par son trio Messi-Suarez-Neymar (1-3, 2-0). Un peu plus en 2016, quand Blanc avait dégainé ce 3-5-2 inédit qui avait causé sa perte à l'Etihad face à Manchester City (1-0).

La base du projet était aussi sportive

Ce n'était pas une progression linéaire. Tout n'était pas parfait. Mais au moins, Paris pouvait donner l'impression d'avancer. Il avait franchi un cap en faisant tomber un grand club européen, Chelsea, à deux reprises en 8es de finale (2015 et 2016). Un signe positif de son apprentissage des exigences extrêmes de la Ligue des champions. Une compétition qui requiert toutes les qualités, et dont il ne maîtrisait pas encore les derniers détails pour passer ce fameux stade des quarts de finale. Chacun de ces échecs était déjà pointé du doigt. Mais si le chemin vers ce trophée qu'il convoite tant paraissait encore long, le PSG ne semblait pas forcément sur la mauvaise voie.
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Il donnait au moins l'impression de se rapprocher de la cour des grands. En seulement un an et demi, Ancelotti avait posé les bases pour y accéder. Blanc n'avait pas manqué de s'en réjouir à son arrivée. Il avait su les consolider en donnant une identité de jeu au PSG qui correspondait aux exigences de l'époque. Paris reposait déjà sur des individualités fortes et Zlatan Ibrahimovic incarnait mieux que personne ce phénomène. Mais il dégageait aussi une force collective sur laquelle s'appuyer pour affirmer sa supériorité. Et si le projet parisien pouvait susciter certaines controverses, il avait au moins une valeur sportive de nature à le rapprocher du sommet européen.

Le tournant meurtrier de 2017

Il restait les derniers lacets du col à négocier pour y parvenir. Et ce virage si décisif de 2017. Celui qui a vu le PSG de QSI échouer pour la première fois en 8e de finale. Celui des conséquences de l'humiliation de Barcelone. Le naufrage du Camp Nou a provoqué le courroux du Qatar. Paris a fait voler le marché des transferts en éclat. Il n'avait plus de star dépassant le cadre du sport depuis le départ d'Ibrahimovic l'été précédent ? Il a claqué 400 millions pour attirer les deux étoiles montantes du football mondial dans la capitale, Neymar (222 millions d'euros) et Kylian Mbappé (180 millions d'euros). Le PSG a tout déséquilibré. A commencer par lui-même.
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Paris a développé sa marque avant son équipe. Il n'a plus jamais affiché la même qualité collective. Il est devenu bancal, regorgeant de talent en attaque quand le niveau de sa défense et de son milieu de terrain diminuait inexorablement. Aucun de ses entraîneurs n'a réussi de miracle dans ces conditions. D'Unai Emery à Christophe Galtier en passant par Mauricio Pochettino, ils ont tous subi les paradoxes de l'effectif qui leur a été attribué. Thomas Tuchel a été le seul à vraiment élever la voix, comme un cri d'alarme. Cela lui a valu un licenciement un matin de Noël.

Deux années en trompe-l'œil

La direction parisienne a fait la sourde oreille. Elle s'est reposée sur un leurre. La finale de 2020, dans un format si particulier qui a vu Paris accéder à la finale pour chuter face au seul ténor de l'Europe présent sur sa route, le Bayern Munich. La demi-finale de 2021, quand les qualifications face au Barça en 8e et contre le Bayern en quart ont beaucoup trop masqué l'infériorité collective parisienne face au City de Josep Guardiola. Deux années en trompe-l'œil. Car il y en a eu cinq où Paris a échoué en 8e de finale, après avoir accédé systématiquement aux quarts durant ses quatre premières campagnes de l'ère QSI.
Cette époque est révolue. Le constat est plus criant que jamais au lendemain de l'élimination face au Bayern Munich. Le club bavarois a déjà été plus impressionnant par le passé. Mais Paris ne lui a pas inscrit un seul but sur une double confrontation où l'écart de niveau collectif et structurel entre les deux équipes a éclaté à la face du monde. S'il est raillé aujourd'hui, c'est parce que le PSG n'a jamais semblé aussi loin de la cour des grands. Plus parce qu'il s'en approche sans parvenir à l'intégrer. C'est bien là son plus grand désarroi.
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