Grand Prix du Canada - Red Bull, Ferrari, Mercedes : Qui va le plus souffrir des directives de la FIA ?

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GRAND PRIX DU CANADA - C'est la grande interrogation du week-end. Les directives prises par la FIA afin de lutter contre le marsouinage pour protéger l'intégrité physique des pilotes devraient perturber le plan de bataille de plusieurs écuries. Y compris celles qui luttent pour le titre. Red Bull peut juger ces mesures injustes. Ferrari pourrait perdre de la performance.

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Ce pourrait être un tournant. Les directives imposées par la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA) pour endiguer le phénomène de marsouinage et ses conséquences pour les pilotes, au nom de leur sécurité, risquent d'influencer le rapport de force entre les trois écuries de pointe, Red Bull, Ferrari et Mercedes. Explications.

En quoi consiste ces mesures ?

Elles sont simples à comprendre mais promettent d'être particulièrement difficiles à mettre en œuvre. Concrètement, la FIA va profiter de la 9e manche du Championnat, disputée au Canada, pour mesurer à travers de multiples capteurs les effets du marsouinage. L'objectif ? Établir un indicateur qui s'apparenterait à un seuil de tolérance au-delà duquel les oscillations verticales d'une monoplace seraient jugées dangereuses pour le pilote.
Le cas échéant, la FIA pourrait ainsi ordonner aux écuries concernées "d'apporter les ajustements nécessaires afin de réduire ou d'éliminer le phénomène". Comment ? Probablement en relevant la hauteur de caisse, méthode connue et efficace pour mettre fin au marsouinage... mais catastrophique pour les performances.
Rappelons qu'à Bakou, Lewis Hamilton a encaissé des chocs à 10G dans la ligne droite de plus de 2 km. De quoi lui causer d'importantes douleurs au dos et à la tête. Précisons aussi qu'aucune sanction ne sera prise à Montréal puisque les modalités sont encore floues voire inconnues.

Red Bull, lésée... moralement ?

Dans les faits, Red Bull n'a rien à craindre de ces nouvelles directives. L'écurie en tête du championnat avait trouvé des solutions à ce phénomène dès les tests de pré-saison, à Bahreïn, et ne souffre de marsouinage que de manière mineure et épisodique. Ni Max Verstappen ni Sergio Pérez ne sont suffisamment secoués verticalement pour susciter l'inquiétude de la FIA.
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Pour autant, la firme autrichienne peut estimer injuste que la réglementation soit ajustée pour régler un problème qui n'est pas insoluble, puisque certaines écuries en souffrent moins, et alors qu'une solution évidente - relever la hauteur de caisse - est connue de tous.
"Peu importe si cela va nous aider ou jouer contre nous, a confié Verstappen en conférence de presse. Ces changements de règles au milieu de l'année, je ne pense pas que ce soit correct. Je comprends les enjeux de sécurité. Mais si vous discutez avec n'importe quel ingénieur dans le paddock, il vous dira simplement que vous aurez moins de problèmes en relevant la hauteur de caisse."

Ferrari, la grande perdante ?

Les Ferrari, elles, ont toujours été porteuses du virus marsouin. Pourtant, la Scuderia était opposée à toute mesure destinée à l'éradiquer. Pour la simple et bonne raison qu'elle n'en a jamais réellement souffert, en tout cas sur le plan de la performance. Les pilotes de l'écurie italienne ont en revanche eu des avis divergents sur la question. Charles Leclerc a toujours estimé les rebonds de sa F1-75 acceptables, alors que Carlos Sainz les a souvent jugés insupportables.
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Globalement, le Monégasque et l'Espagnol souffrent physiquement bien moins que les deux Britanniques de Mercedes. "De notre côté, nous avons trouvé des solutions pour rendre la voiture meilleure", a volontairement appuyé Leclerc. Pour l'écurie italienne, déjà considérablement perturbée par ses problèmes de fiabilité, les directives de la FIA sont une gigantesque menace.
Si les oscillations verticales des monoplaces rouges sont jugées trop importantes, Ferrari pourrait être contrainte d'agir sur la hauteur de caisse - sous peine de pénalité ? - et donc de perdre tout l'avantage conféré par son concept aérodynamique. Alors qu'elle est encore capable de rivaliser avec Red Bull sur le plan de la performance, une telle mesure pourrait lui faire perdre plusieurs dixièmes au tour. Et donc l'écarter de la course au titre.

Aucune incidence... sur Mercedes ?

Beaucoup craignaient que la FIA passe à l'action uniquement pour sauver l'écurie championne du monde en titre, touchée depuis le début de la saison par un marsouinage aigü. En réalité, ces mesures pourraient ne pas franchement impacter les Flèches d'Argent. Pourquoi ? Parce que Mercedes a opté pour un concept aérodynamique unique dit "sans ponton". Elle est convaincue que sa monoplace renferme, grâce à cela, un potentiel important impossible à exploiter en raison... du marsouinage.
L'équipe de Toto Wolff agit déjà sur la hauteur de caisse pour tenter de limiter le phénomène. "Nous avons fait de gros changements aujourd'hui, a d'ailleurs souligné Lewis Hamilton après la première journée d'essais libres du Grand Prix du Canada, vendredi. Nous avons relevé la voiture mais cela ne fait aucune différence."
Malgré tout cela, le septuple champion du monde, mais aussi et surtout son coéquipier George Russell, se retrouvent souvent, en course, dans une sorte de no man's land, derrière Red Bull et Ferrari mais devant le reste du peloton.
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