Julian ALAPHILIPPE (Deceuninck-Quick Step)

  • Son meilleur résultat sur l’épreuve :
2e en 2015, pour ses débuts sur cette course. 5e après déclassement (2e initialement) en 2020. Il comptabilise cinq participations.
Tour de France
Poing serré et langue tirée : L'arrivée de Pogacar, presque sacré
17/07/2021 À 17:19
  • Sa saison 2021 :
Julian Alaphilippe vient d’embellir son entame d’année de manière spectaculaire. Jusqu’à mercredi, elle était "seulement" correcte. Le champion du monde a fait fort sur les pentes du Mur de Huy, en remportant un duel haletant face à Primoz Roglic pour rester maître de la Flèche wallonne (trois victoires sur ses trois dernières participations).

Alaphilippe a fini beaucoup plus fort que d'habitude : comparaison de ses trois "Flèches"

Avant cela, le puncheur de la Deceuninck-Quick Step n’avait levé les bras qu’une fois en 2021, lors d’une étape de Tirreno-Adriatico. 2e des Strade Bianche (mais déposé par Mathieu van der Poel dans la rampe finale), 42e d’un Ronde sur lequel il a tout de même pesé, 6e de l’Amstel Gold Race : Alaphilippe reste plus remuant que souverain en 2021. Jusqu’à dimanche ?
  • La clef de sa course :
La tendance de la saison, c’est qu’il dispose d’un revolver toujours létal. Mais d’une seule balle dans le barillet. Sauf retournement de situation, une course qui se décanterait loin de l’arrivée ne lui serait pas favorable. Il devra compter ses coups de pédale et frapper au bon moment. Il a déjà prouvé qu’il savait le faire.

Et Julian Alaphilippe a dû s'écarter... les masques sont tombés après le dernier passage du Cauberg

  • Ce qu’il en dit :
Liège, c'est une course différente de la Flèche, même si celle-ci est toujours un bon indicateur (...) Ce n'est pas le même kilométrage (259,5 km contre 194 km, NDLR), ce n'est pas le même format de course. La course peut être ouverte loin de l'arrivée sur Liège (...) Des coureurs vont vouloir anticiper dès la Redoute

Pourquoi la victoire d'Alaphilippe sur la Flèche ne change pas grand-chose pour Liège

Primoz ROGLIC (Jumbo-Visma)

  • Son meilleur résultat sur l’épreuve :
Vainqueur en 2020, pour sa première (et donc unique) participation à la "Doyenne".
  • Sa saison 2021 :
Il est fort, ce n’est plus une surprise. Primoz Roglic confirme en ce début de saison qu’il est devenu une référence du cyclisme mondial. Si ce n’est LA référence. Cela s’est mal terminé pour lui lors de Paris-Nice, comme lors du Tour de France et du Dauphiné en 2020, mais ce clin d’œil aux airs de malédiction hexagonale n’efface pas l’impression générale : le Slovène de 31 ans est redoutable.
Sa découverte de la Flèche wallonne a accouché d’une 2e place, à l’issue d’un match serré face au grand spécialiste du Mur de Huy qu’est Julian Alaphilippe. Il a gagné le Tour du Pays basque en seigneur, ne contestant pas l’ultime bouquet à David Gaudu. Et sur l’Amstel Gold Race, il a enfilé le costume d’équipier de luxe pour Wout Van Aert avec brio, contribuant à son succès.

Irrespirable duel : Roglic a anticipé, Alaphilippe a fini par le croquer

  • La clef de sa course :
Dilemme en vue. Roglic, c’est le sprinteur des montagnes. L’attentisme pourrait ainsi lui sourire. Il dispose d’un punch remarquable, précieux pour les arrivées en côte. Mais là, l’éventuel sprint final se disputera sur du plat et il ne partira pas avec la faveur des pronostics s’il est face à Julian Alaphilippe (qu’il a coiffé dans de drôles de circonstances l’an passé sur cette course) ou Alejandro Valverde, voire Michael Matthews. L’occasion de prouver qu’il a un tempérament de plus en plus offensif ?

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  • Ce qu’il en dit :
Julian (Alaphilippe) était le plus fort (dans le Mur de Huy). Il méritait de gagner (…) J’attends avec impatience Liège-Bastogne-Liège. Ma forme est bonne et je veux montrer à nouveau ce que je peux faire

Tadej POGACAR (UAE Emirates)

  • Son meilleur résultat sur l’épreuve :
3e en 2020, à l’occasion de sa deuxième participation.
  • Sa saison 2021 :
XXL. Le lauréat du dernier Tour de France crève toujours l’écran. Vainqueur de l’UAE Tour et d’un Tirreno-Adriatico de haut vol, il a entre temps pris la 7e place des Strade Bianche. Au Pays basque, il a "échoué" au 3e rang du classement général, un temps empêtré dans un rôle de lieutenant. Mais quand cela s’est joué à la jambe, il a fait mieux que rivaliser avec son compatriote, Roglic.

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Reste un inconvénient. Après avoir fait l’impasse sur l’Amstel Gold Race, il a été privé – comme toute son équipe UAE Emirates – de la Flèche wallonne, en raison d’un test positif au coronavirus de Diego Ulissi et d’un membre du staff. Des tests négatifs effectués dans la foulée n’ont pas suffi à ce que sa formation soit alignée, ce qu’il a déploré sur les réseaux sociaux. Il débarque ainsi à Liège relativement en manque de rythme.
  • La clef de sa course :
C’est peut-être celui qui a le plus intérêt à ce que la "course" démarre tôt. Il a déjà montré, sur le dernier Tour de France, qu’il n’était pas un manche dans un sprint en petit comité, mais c’est le plus "grimpeur" de la cohorte de favoris. Le voir gagner s’ils sont une dizaine à terminer dans le même temps paraît peu probable, alors autant commencer l’écrémage dès que possible. Il a l’équipe pour.
  • Ce qu’il en dit :
Nous étions vraiment déçus de ne pas pouvoir nous élancer de Charleroi mercredi matin, mais cela nous motive encore un peu plus pour l’épreuve de ce dimanche. Notre faim est grande [Via DH Les Sports+]

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Alejandro VALVERDE (Movistar)

  • Son meilleur résultat sur l’épreuve :
Vainqueur à quatre reprises (2006, 2008, 2015, 2017) en quatorze tentatives.
  • Sa saison 2021 :
Quand les gloires d’antan se présentent au départ d’une course qui fut leur, ils sont cités, au pire, parmi les outsiders. Eu égard au passé. Mais en l’occurrence, n’y voyez pas de courtoisie ou de prudence exacerbée. Alejandro Valverde fait bien partie des favoris de la 107e édition de Liège-Bastogne-Liège, indépendamment de son C.V., et ce même si l’épreuve de dimanche va se dérouler le jour de ses 41 ans.
Ils étaient une trentaine devant lui au pied du Mur de Huy. Mais plus que deux au sommet. Mercredi, Valverde a confirmé qu’il était de retour parmi l’élite des puncheurs, lors de la Flèche wallonne. 5e de l’Amstel quelques jours plus tôt, il a aussi décroché des accessits lors des tours de Catalogne et du Pays basque. Il a même levé les bras lors du GP Miguel Indurain il y a trois semaines, empochant le 131e succès de sa carrière.

Une banderille bien placée et Valverde s'est envolé : son finish royal en vidéo

  • La clef de sa course :
Peut-il se faire oublier, malgré son si haut standing ? Valverde a été l’épouvantail des "ardennaises", mais il ne l’est plus. Tout comme son équipe n’est plus la principale cylindrée sur ce type de courses. Difficile de l’imaginer s’imposer en solitaire. Il devra sans doute compter sur les autres avec malice, et espérer régler un groupe plus ou moins important, dont il pourrait être le meilleur sprinteur.
  • Ce qu’il en dit :
Je me sens en grande condition. Mes sensations sont bonnes depuis le Tour de Catalogne, et je l’ai encore montré mercredi (…) J’avais de bonnes jambes mais j’ai dû faire un gros effort parce que je n’étais pas bien placé en arrivant au pied du Mur (…) à Liège, la question du positionnement ne sera pas aussi importante

En 2015, Valverde s'offre un Monument en battant Alaphilippe au sprint

Marc HIRSCHI (UAE Emirates)

  • Son meilleur résultat sur l’épreuve :
2e en 2020, pour sa deuxième présentation sur la ligne de départ.
  • Sa saison 2021 :
C’était la surprise de janvier. C’est l’énigme d’avril. Au début de l’année civile, Marc Hirschi a quitté le Team DSM (ex-Sunweb), à un an de la fin de son contrat. Il s’est engagé avec l’équipe UAE Emirates dans la foulée. Depuis, le Suisse de 22 ans n’a pas réalisé de performance notable.
Il n’a pas été la carte maîtresse de sa formation en Espagne (Tour de Catalogne, Tour du Pays basque), terminant 7e d’une étape en guise de meilleur résultat. Vue de loin, sa 35e place sur l’Amstel n’est pas beaucoup plus rassurante. Mais il avait alors terminé dans le groupe qui s’est disputé la 4e place, à trois secondes du vainqueur, Wout Van Aert. Pour résumer : Hirschi est très difficile à cerner.

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  • La clef de sa course :
Cela dépendra beaucoup de la répartition des rôles chez UAE Emirates. Aura-t-il pour mission de suivre les coups sans s’y impliquer, un costume d’électron libre, voire un statut de leader au même titre que Pogacar ? Entre échappées au long cours (sur le Tour notamment) et victoire en puncheur (lors de la Flèche), il a en tout cas prouvé en 2020 qu’il pouvait faire fort dans plusieurs registres. En 2021, moins.
  • Ce qu'il en dit :
Tout le monde rêve de gagner cette course, elle me va très bien et je reviendrai pour ça [déclaration qu'il a faite en 2020, après avoir terminé 2e, gêné par Alaphilippe dans le sprint NDLR]

Jakob FUGLSANG (Astana - Premier Tech)

  • Son meilleur résultat sur l’épreuve :
Vainqueur une fois (2019) en dix participations.
  • Sa saison 2021 :
En deçà. Par rapport à ses saisons 2019 et 2020 stratosphériques, le Danois de 36 ans n’affiche pas une forme resplendissante. Rentre-t-il dans le rang après une progression brutale, et difficile à prévoir ? Il est encore trop tôt pour le décréter, mais son entame d’exercice est timide. En atteste son principal résultat : 9e des Strade Bianche.
Mercredi, sa 17e place au sommet du Mur de Huy n’a rien eu d’infamant. Mais deux ans plus tôt, lors de sa dernière participation à la Flèche wallonne, c’est lui qui était au coude à coude avec Julian Alaphilippe dans les derniers hectomètres. C’était le prélude logique de son sacre liégeois, le Monument ardennais convenant encore plus à ses qualités. L’augure est moins glorieux cette année.

Fuglsang a mis Alaphilippe et ses rivaux K.-O. : la Doyenne valait le coup d'oeil

  • La clef de sa course :
Il semble un cran en-dessous, à la pédale. De là à disposer d’une certaine marge de manœuvre ? Anticiper semble en tout cas être nécessaire pour le vainqueur du dernier Tour de Lombardie.
Suis-je trop vieux ? Je sens que je peux encore battre tous ces jeunes gars [Via Het Nieuwsblad]

Michael WOODS (Israel Start-Up Nation)

  • Son meilleur résultat sur l’épreuve :
2e en 2018. Il totalise cinq participations, quatre "Top 10" à la clef.
  • Sa saison 2021 :
C’est un peu l’antistar. Discret mais bien présent. La preuve : il a levé les bras dès son deuxième jour de course, lors du Tour des Alpes Maritimes et du Var, à l’issue d’une étape taillée sur mesure pour ses qualités.
Accroc principal : une chute, il y a deux semaines lors du Tour du Pays basque, qu’il a quitté avant son terme. Mais ses blessures à la main et à l’épaule gauches semblent, déjà, derrière lui. Mercredi au sommet du Mur de Huy, il a en tout cas pris une quatrième place encourageante en ce sens.

Woods a répondu présent : son arrivée victorieuse dans le mur de Fayence

  • La clef de sa course :
Il n’existe pas de scénario rédhibitoire pour lui, dans l’optique de décrocher un gros résultat. Il a terminé 9e, 2e, 5e et 7e lors des quatre dernières éditions de la "Doyenne", qui n’étaient pas spécialement similaires dans leur déroulé. Mais existe-t-il un scénario dont le 3e des Mondiaux 2018 sortirait gagnant ? A lui de l’inventer.
  • Ce qu’il en dit :
J’ai un goût amer dans la bouche (après la Flèche, NDLR), parce que je sentais que je valais mieux que ma place de 4e (…) J’ai été bousculé plusieurs fois et je me suis retrouvé très mal placé. Je ne pouvais pas répondre quand les gars (Roglic, puis Alaphilippe et Valverde) sont partis (…) Je sentais que j’avais une bonne chance contre eux

Maximilian SCHACHMANN (Bora-Hansgrohe)

  • Son meilleur résultat sur l’épreuve :
Une 3e place, en 2019, reste sa référence sur cette course qu’il a débutée à trois reprises.
  • Sa saison 2021 :
Il a entamé son opus 2021 par la défense de son titre sur Paris-Nice. Résultat ? Bis repetita. La concurrence n’était pas très dense et le contexte de son succès (il a renversé un Roglic poissard lors de la dernière étape) pas des plus limpides, mais Schachmann a consolidé son pedigree de client en moyenne montagne.
Depuis, il a principalement brillé lors de l’Amstel Gold Race, où il a observé à distance respectable le duel au millimètre entre Tom Pidcock et Wout Van Aert. Boucler cette course au troisième rang, alors qu’il avait un temps été pris dans une cassure à la suite d’une chute, a de quoi lui donner de la confiance. Une confiance que sa "Flèche" correcte (10e) n’a pas dû altérer.

Une course d'attente mais un final de dingue : Le résumé de l'Amstel en vidéo

  • La clef de sa course :
Il y a une semaine sur l’Amstel, son mauvais placement lui a coûté une frayeur et, peut-être bien, une cartouche décisive dans l’optique du final. S’il parvient à ne pas réaliser d’effort superflu, il pourra peut-être viser une autre marche du podium que la plus basse, ce dimanche à Liège.
Ce qu'il en dit :
C'est l'une des courses où j'ai les plus grandes chances de peut-être gagner

INEOS GRENADIERS

Difficile de dégager un leader, au sein d’INEOS Grenadiers, qui dispose de nombreuses cartes, même après le forfait de Tom Pidcock. Tout comme l’équipe UAE Emirates, notamment. Mais le niveau des co-leaders de la formation britannique semble un peu plus homogène.
  • Leur meilleur résultat :
Michal Kwiatkowski : 3e par deux fois (2014, 2017) en neuf essais.
Adam Yates : 4e en 2019 (quatre participations).
Richard Carapaz va découvrir l’épreuve.
Tao Geoghegan Hart (49e en 2019, lors de sa troisième et dernière venue sur la course), semble un cran en-dessous dans la hiérarchie, malgré son statut de vainqueur sortant du Giro.
  • Leur saison 2021 :
Absent en raison d'une chute qui ne l'avait pas privé d'un accessit mercredi lors de la Flèche wallonne (6e), Pidcock était l'homme en forme, au sein de l'armada britannique. Elle devra donc faire sans lui.
Kwiatkowski est bien là, mais un peu en retrait, avec une 8e place lors de l’Amstel (et un rôle majeur dans le final) pour principal résultat. Carapaz semble monter en puissance. 9e de la Flèche, après un début de saison qu’il a traversé avec la casquette de gregario.
Yates n’a couru qu’une épreuve d’un jour cette année (20e mercredi). Mais il y a peu de doute quant à sa forme, puisqu’il a fait 2e, 1er et 4e des trois courses par étapes à son programme début 2021. Tout le contraire de Geoghegan Hart, qui semble en phase de digestion de son changement de dimension.

Seul au sommet : Adam Yates a étouffé la concurrence

  • La clef de leur course :
Justement, tout résidera dans leur capacité à se sacrifier les uns pour les autres, en fonction du contexte. A faire de leur nombre une force. Ou alors, c’est tout pour l’un d’eux. Et là, bon courage pour savoir pour qui... Leurs rivaux se le demandent sans doute.
  • Ce qu'en dit Kwiatkowski :
Tous les regards sont tournés sur la "Doyenne" maintenant

Mais aussi...

Wout Poels (Bahrain-Victorious, vainqueur en 2016), Philippe Gilbert (Lotto-Soudal, lauréat en 2011), Davide Formolo (UAE Emirates, 2e en 2019), Rui Costa (UAE Emirates, 3e en 2016), Matej Mohoric (Bahrain-Victorious, 4e en 2020) , Michael Matthews (BikeExchange, 4e en 2017), David Gaudu (Groupama-FDJ, 6e en 2019), Warren Barguil (Arkéa-Samsic, 6e en 2016), Bauke Mollema (Trek-Segafredo, 6e en 2012) etc.

Y a de la joie : Gaudu et Roglic bras levés à l'arrivée à Arrate

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