Comment Bernal peut-il perdre ce Tour d'Italie ?

Il y avait un favori au départ du Giro. Il y a un immense favori deux semaines plus tard. Egan Bernal (INEOS Grenadiers) a mis les doutes sur son dos de côté, et la concurrence loin dans le rétro, après 16 jours de course. Royal lundi en haute altitude, le vainqueur du Tour de France 2019 semble sur l'autoroute du sacre. Mais Primoz Roglice et Tadej Pogacar ont rappelé lors de la dernière Grande Boucle à quel point ce type de certitude était fragile. Voici quatre éléments qui peuvent ménager le suspense.
Tour d’Italie
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25/05/2021 À 18:09

Bardet va-t-il finir sur le podium ?

Le grand rendez-vous du Passo Giau l'a confirmé : Romain Bardet est en course pour terminer sur le podium de ce Tour d'Italie. Fait-il même partie des "favoris" pour y grimper, malgré son positionnement au 7e rang ? L'hypothèse est légitime tant il monte en puissance et est rodé au défi des trois semaines (2e du Tour de France en 2016, 3e en 2017). Un atout dans sa manche : une troisième semaine très montagneuse (même si la hiérarchie des escaladeurs dessinée lundi n'est pas immuable). Un caillou dans sa chaussure : le chrono final pourrait bien lui coûter la boîte. Bilan : difficile de se prononcer.

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Evenepoel va-t-il terminer le Giro ?

La découverte d'un Grand Tour, après neuf mois sans compétition en raison d'une chute, et à seulement 21 ans. Le tout en suscitant de fortes attentes. Cela fait beaucoup pour un seul homme, si talentueux soit-il. Remco Evenepoel a perdu pied lundi, alors que Patrick Lefevere avait déjà laissé entendre que deux semaines d'apprentissage pourraient suffire au bonheur de son joyau et de la Deceuninck-Quick Step. Mais le jeune belge - 19e à 28'07" du maillot rose, Bernal - a depuis affirmé son intention d'aller au bout du Tour d'Italie. Suspense, donc.

Nibali va-t-il remporter une étape ?

Lui est moins jeune. Mais presque autant à court de compétition. Comme Evenepoel, Vincenzo Nibali (double lauréat de l'épreuve) n'est pas dans le coup pour la victoire finale. Le Requin de Messine - à l'attaque et 17e lundi, 15e du général - peut être un lieutenant de luxe pour Giulio Ciccone (Trek-Segafredo, 6e). Mais aussi un baroudeur de premier ordre. Il l'avait encore montré lors du Tour de France 2019, remportant la pénultième étape à Val Thorens dans ce registre. La tendance de l'épilogue de ce Giro (arrivées en altitude lors des étapes de montagne et non au pied d'une descente) ne l'avantage pas.

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Crédit: Getty Images

Sagan a-t-il encore un rival pour le cyclamen ?

Oui. Il en a même encore deux : Davide Cimolai (Israel Start-Up Nation) et Fernando Gaviria (UAE Emirates) qui pointent respectivement à 22 et 25 unités de lui au classement par points. Peter Sagan (BORA - Hansgrohe), battu par Arnaud Démare dans cette optique l'an passé, est en pole pour ajouter un maillot cyclamen du Giro à sa collection de sept maillots verts du Tour. Mais il n'en a pas encore cousu l'entièreté.

Reste-t-il une occasion pour les sprinteurs ?

Peut-être... Cette question est liée à la précédente. Davide Cimolai et Fernando Gaviria peuvent espérer décrocher le gros lot jeudi à Stradella lors de la 18e étape (50, 35 et 25 points attribués aux trois premiers, outre le fait de potentiellement lever les bras). Triple problème pour eux : le final pour puncheurs ne leur offre pas la garantie d'être présent pour disputer le bouquet ; les candidats à l'échappée risquent d'être nombreux sur 231 bornes ; et - surtout - Sagan est le prototype du coureur qui aime ce genre d'arrivée. La probabilité d'un sprint massif est donc relativement faible, même si la Cofidis d'Elia Viviani pourrait aussi tenter le coup.

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Bouchard, la vie en bleu ?

Il ne voulait pas en entendre parler au soir de la 9e étape. Avalé dans les derniers hectomètres en direction de Campo Felice, Geoffrey Bouchard, avait entrevu un premier succès en Grand Tour et la perspective de défendre le maillot bleu de meilleur grimpeur lui semblait alors bien anodine. "Il faut gagner une étape, c'est le seul objectif", avait-il exposé, ému aux larmes.
Mais le coureur français de 29 ans a revu sa copie depuis, prenant le risque de courir deux lièvres à la fois. Son principal adversaire dans la conquête de ce paletot est Egan Bernal, qui en a un autre en tête. Si Bouchard (AG2R Citroën) parvient à se glisser dans les échappées, le "doublé" lui tend les bras (il a déjà décroché la timbale de meilleur grimpeur sur la Vuelta, en 2019).

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Mais aussi...

Parmi les autres enjeux : Victor Lafay (Cofidis) va-t-il, a minima, tutoyer une deuxième victoire sur ce Tour d'Italie, comme l'espère Cédric Vasseur ? Damiano Caruso (Bahrain-Victorious, 2e) va-t-il tenir bon et monter sur le podium d'un Grand Tour pour la première fois de sa carrière, à 33 ans ? La Trek-Segafredo va-t-elle remporter le classement par équipes grâce au tempérament offensif de ses meilleures cartes, ou se faire doubler par la machine INEOS Grenadiers ? A l'aube de la dernière ligne droite du 104e Giro, les questions sont nombreuses, le menu copieux et cela commence ce mercredi, avec la 17e étape.

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