On ne sait jamais vraiment sur quel pied danser avec Layvin Kurzawa. Son côté funambule, le défenseur du PSG ne l'a pas seulement quand il arpente son couloir gauche sur le terrain. C'est général. Les espoirs de le voir confirmer le formidable potentiel de ses années monégasques ont trop souvent débouché sur des désillusions. C'est un peu le résumé de son parcours au PSG jusqu'ici. Depuis 2015, il a connu quelques hauts et beaucoup de bas dans la capitale. Une trajectoire en forme de montagnes russes qui limite fatalement l'enthousiasme quand il traverse une bonne période.
Avec Kurzawa, il faut savoir savourer le meilleur et accepter le pire. Son match à Barcelone en a été une assez bonne illustration. Il y a d'abord eu ce penalty maladroitement concédé à Frenkie De Jong et transformé par Lionel Messi qui a mis le PSG en difficulté. Il y a eu ensuite ce débordement décisif qui a permis l'égalisation de Kylian Mbappé. Le latéral gauche parisien n'a pas été loin de marquer et de trouver ainsi la récompense à son activité incessante sur son couloir. Défensivement, il a d'ailleurs su le contrôler. Et se remettre ainsi de son erreur initiale pour signer une prestation aboutie.

Il se crée des obstacles

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15/02/2021 À 09:27
C'est une tendance qui se confirme. Plus tard que prévu, certes. Kurzawa avait une superbe opportunité de revenir dans les radars bien plus tôt cette saison. Déjà parce qu'il a prolongé son contrat avec le PSG, à la surprise générale… et à la sienne en particulier, alors qu'il semblait devoir quitter le club l'été dernier. Aussi parce que Juan Bernat, dont il est la doublure après avoir été celle de Maxwell puis de Yuri Berchiche, s'est gravement blessé au genou. Les conditions d'un retour au premier plan étaient réunies. Avec Kurzawa, c'est souvent dans ce cas que l'horizon s'assombrit.

"On a vu la version ultime de Mbappé"

Il y a eu ce coup de sang contre Marseille. Une expulsion après une bagarre générale en fin de match, alors qu'il venait à peine d'entrer en jeu, qui lui a valu une suspension de six matches en Ligue 1. Cela a permis à Mitchel Bakker de gagner du temps de jeu, et le Néerlandais a régulièrement eu les faveurs de Thomas Tuchel au détriment du Français quand celui-ci fait son retour fin octobre. Puis une énième blessure est venue le contrarier au début de l'hiver. Comme pour raviver cette éternelle impression que Kurzawa arrive à se créer lui-même des obstacles sur une voie dégagée.

Un profil parfait pour Pochettino

Mais le défenseur parisien sait aussi rebondir quand il semble avoir touché le fond. Depuis le début de l'année, Kurzawa joue beaucoup et plutôt bien. Et invariablement dans son style. Il y a toujours quelques approximations dans son placement défensif. Il y a surtout un apport offensif déterminant, à l'image d'un but décisif et capital inscrit à Angers (0-1). Il y a enfin cette régularité qui lui a si souvent fait défaut. Kurzawa a participé à 9 des 10 derniers matches du PSG, dont 7 titularisations. Et s'il en a manqué un, à Caen (0-1), c'est parce que Pochettino avait choisi de le mettre au repos.

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L'arrivée du technicien argentin sur le banc parisien n'est pas étrangère à ce renouveau. Déjà parce que le profil de Kurzawa correspond parfaitement à ce que l'entraîneur du PSG attend d'un latéral pour exploiter la largeur et la profondeur. "Pour Kurzawa, ça n'a jamais été question de qualité, il les a toutes pour s'imposer, et ça s'adapte bien avec la philosophie de Pochettino, avec des latéraux hauts sur le terrain, résumait Eric Rabesandratana, ancien joueur du PSG, sur France Bleu. Kurzawa monte en puissance et il paraît être en capacité d'exploiter la possibilité de briller qui s'offre à lui."

"L'exemple, c'est Serge Aurier"

Unai Emery ou Thomas Tuchel appréciaient eux aussi d'avoir des latéraux tournés vers l'offensive. L'Espagnol et l'Allemand n'ont cependant pas réussi à tirer le meilleur de l'ancien Monégasque. Cette énigme, l'entraîneur parisien est peut-être mieux armé pour la résoudre. "L'approche et le management de Pochettino peuvent l'aider à enfin s'imposer et réussir sur le plan sportif, soulignait Rabesandratana. L'exemple, c'est Serge Aurier, passé au PSG, et qui a eu Pochettino à Tottenham. Et l'entraîneur a réussi à le canaliser et à l'encadrer. Ça lui a permis de trouver ses marques en Premier League."
L'Argentin est face à un défi comparable avec Kurzawa. S'il est déjà parvenu à mettre son défenseur sur la bonne voie, le plus dur sera de l'y maintenir. Le passé a trop souvent montré que Kurzawa avait une tendance aussi naturelle qu'agaçante à s'écarter du bon chemin. Pour de multiples raisons, il n'a jamais su répondre pleinement aux exigences d'un club de premier plan comme le PSG. Les promesses n'ont pas manqué. Sa bonne période actuelle en est une de plus. Et si Pochettino peut l'aider dans cette optique, c'est bien à Kurzawa qu'il appartiendra de la tenir.

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